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pas autrement » %%, Il écrivit à Macpherson lui-même. « Les lettres que j'ai reçues en réponse sont mal écrites, mal raisonnées, peu satisfaisantes; calculées pour nous tromper, semble-t-il, et cependant pas assez fines pour le faire habilement. Bref, l’ensemble des preuves extérieures donne à penser que ces fragments (comme il les appelle, bien que rien ne puisse mieux former un tout) sont contrefaits. Mais les preuves internes sont si fortes dans l’autre sens que je suis résolu à les croire authentiques malgré le Diable et l'Eglise. Je ne peux me convaincre qu'ils aient été imaginés par l’homme des lettres. D'autre part, il est aussi difficile de supposer, s’ils sont originaux, qu’il ait pu les traduire si admirablement. Que faire ? » *7
En juin Macpherson envoya un troisième poème, inférieur aux précédents. Gray y découvrit pourtant d’exceptionnelles qualités %%, Au même moment, le premier recueil imprimé paraissait 2%. De plus en plus perplexe, Gray trouve cent raisons de douter et craint de faire preuve « d'affectation en n’admirant pas » 5%, David Hume affirme que les originaux sont récités depuis des siècles par les populations rurales. Adam Smith le confirme ‘°1. La publication de Fingal augmente encore l'incertitude : « Et pourtant, j'incline à les croire authentiques en dépit du monde. Que ce soit là l’œuvre de l’antiquité, ou celle d’un Ecossais moderne, est tout aussi inexplicable, Je m'y perds » 5%. Plus tard, Gray citait les poèmes d’Ossian comme exemple de la richesse imaginative des jeunes littératures, mais ne résolut jamais la question °°. À son programme de traductions, il ajouta cinq morceaux « erses » avec cette note : « Très anciens, si authentiques » 504.
Pour comprendre la mesure exacte où Gray se trouva mêlé à la renaissance des poésies primitives qui surgit maintenant de toutes parts, comment il assista à sa préparation immédiate, et, souscrivant aux reconstitutions en leur état même de manuscrit, l'encouragea de son autorité, on voudrait préciser aussi ses rapports avec Thomas Percy. Si le rôle de parrain littéraire du savant collectionneur de Ballades revient à Shenstone, on sait que, vers 1760, Percy fréquente le Magdalene College à Cambridge, s’occupant à exploiter les ressources de la bibliothèque Pepys %%5. Cet homme, qui voulait réunir des échantillons poétiques « des diverses nations dans une série de traductions littérales », et commença par la
296. CT II 183-4. Voir aussi l’annotation de TI, II 127. 297. LL IT r45-0.
298. TI, II 154-6. Ii s’agit de la nuit chantée par les six bardes, que Gray devait intro-
duire aussi dans son programme de traductions (CH 168), et qui fut imprimée en note de Croma (pp. 253-6 de l’éd. de 1762).