‹ Essai sur Thomas GrayChapitre 258 sur 446 · GW IV 89, 114, 211, 138. 8. GW IV 1r · texte numérisé non relu

GW IV 89, 114, 211, 138. 8. GW IV 1r

OTI, IL 284 10. TI, I 140.

11. Stephen, Thought, II 370-1. Les problèmes de l’heure sont résumés en termes frappants dans OES II, pp. 148-0.

12. €. Wordsworth, Scholæ Academicæ, 0. c. sup. I iv n. 33, pp. 127-8; Ch. Bastide, John Locke, Paris, 1906, pp. 358-361.

13. Sur l'attitude du clergé anglican à l’égard de Shañftesbury, cf. Abbey et Overton, o. c. sup. n. 1, I, pp. 186-090.

258 L'ACTIVITÉ INTELLECTUELLE IIT-iii lisme, inquiétèrent seuls les esprits, ce même platonisme, en d’autres mains, seconda la réfutation du déterminisme. Si les grands conflits subsistent encore, aux environs de 1735, entre un Joseph Clarke et un John Balguy, la bienséance morale et religieuse s’est désormais fixée en une formule « latitudinaire » qui se réclame de Samuel Clarke, conserve le souvenir de Benjamin Hoadley et de la controverse de Bangor, et se dit « raisonnable » selon Locke. Conyers Middieton en personnifie la tendance critique, tandis que Warburton, ému de l'inutilité de la révélation, rappelait aux jeunes prêtres l'existence de la loi divine. Dans l’arène des luttes intestines, des hommes se blessent à coups d’épingle, s’irritent pour des subtilités dogmatiques, se rendent mutuellement suspects en soulevant de scabreux problèmes : ils se retrouvent unis contre l’impiété. Leur positivisme raisonneur nuit à la conviction et semble en témoigner le déclin. Mais, telle est l’âme anglaise, ce formalisme, cette tiédeur de surface n’excluent pas la croyance. Ne serait-ce qu’à l’état instinctif, la foi continue 4.

En politique, Cambridge affirme, dès l'avènement de George Ier, son loyalisme au Hanovrien. Après quoi, la marche de l'opinion se modèle sur l’évolution générale des partis au pouvoir : jusqu’au règne de George III, et malgré quelques animosités isolées, l’'Université demeure résolument whig; elle se laissa porter ensuite vers le torysme patriotique 15.

En dépit de ses ironies, Gray ne vécut pas négativement hostile ni entièrement indifférent. Il a vu de près, pendant mainte année, des hommes de premier plan. Grâce à l’amitié de Walpole, il a côtoyé les affaires publiques et souscrit au libéralisme. Il est reçu chez Middieton, apprécie sa société, défend son partisan, James Ross 15. La sympathie de l’audacieux rationaliste le compromet, en revanche, aux yeux d'Edmund Keene, de Whalley et de leurs collègues de Peterhouse 17. Par Mason, Gray connaît directement Hurd; indirectement, leur maître spirituel Warburton, et Thomas Balguy, champion de la métaphysique et de la morale de Clarke 18. Par Stonhewer, il se trouve intéressé aux dirigeants et gagné au compromis politique du ministère Pitt-Grafton 1°. I1 s’est approché du cours des événements. Il s’est formé une opinion sur l’objet des discordes.

Ses études le portent, d’ailleurs, au delà des faits et des controverses d’un jour jusqu'à leurs causes profondes et lointaines. Il

14. Cf. Abbey et Overton, I, pp. 237 et sq.; Carrau, 0. c. sup. n. 1, pp. 67-09.

15. Sur la politique à Cambridge, on trouvera d’abondantes précisions dans Winstanley, 0. c. Sup. T' iv n. 33, pp. 34-144. Voir aussi €. Wordsworth, Social Life, o. c. sup. I iv n. 33, pp. 47, 61, 77-80.

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