‹ Essai sur Thomas GrayChapitre 261 sur 446 · Stephen, Thought, o. c. sup. II vi n. 43, I, p · texte numérisé non relu

Stephen, Thought, o. c. sup. II vi n. 43, I, p

D'un Dieu trop autoritaire, ce prophète est trop bruyant, et son Savoir massif n'est qu'une «acquisition tardive qui lui sied mal », une «borepopaÿix » 38, Parmi tous ces théologiens, un seul mérite l'acquiescement : « Je crois qu’il aimait la Religion de la Nature de Wollaston » %. Pourquoi?

Admettre Wollaston, c’est remonter à Locke par l'intermédiaire de Clarke; à Locke développé dans le sens d’un idéalisme moral largement influencé par Platon. C’est vouloir un Dieu sûr et logiquement démontré, répondant à des aspirations spirituelles confuses, mais également certaines. C’est résoudre le conflit de la science et de la religion par la nature plastique de Cudworth.

Gray a appris de Locke le théorème de l'existence de Dieu et l’a, de très bonne heure, inscrit sur son Commonplace Book. La démonstration est & posteriori. Je ne connais intuitivement que ma propre existence; mais une existence éternelle est la cause nécessaire de tout commencement. I1 s'ensuit que Dieu possède aussi l’omnipotence et l’omniscience. Volonté pensante antérieure au créé, il est, en outre, immatériel. Nous ne concevons qu’imparfaitement son infinité, par une multiplication indéfinie de l’espace et du temps. C'est-à-dire que notre entendement conditionne et limite la notion que nous avons de lui. Une part infinie reste à l’'incompréhensible 41.

Devant le problème de l’âme, qui tourmentait ses prédécesseurs, Locke avoue l'impuissance de l'esprit et laisse toute latitude à la foi #. Nos poètes rationalistes sont trop poètes et assez peu métaphysiciens pour rester dans l’embarras. Pope décrivait une âme « exilée de sa demeure » #. Sur le point d'exposer l’origine de la connaissance, Gray, à son tour, met en place de la fable rase une « âme sublime implantée dans les membres pesants », dont « la partie éthérée ne doit pas s’engourdir en un long sommeil dans sa ténébreuse prison », et « se souvient de la flamme céleste » 4, Cette âme, nous la reconnaissons. Et, pour s'assurer qu’elle est bien immortelle, Gray transcrivait, dans son même Commonplace Book, deux longs fragments du Nosce Teiïpsum, où le vieux spiritualiste Davies expliquait son impatience de « voler vers Celui qui lui avait donné des ailes » #.

Une circonstance amena Gray à récapituler ses idées sur Dieu. En 1752, alors que la querelle déiste semblait éteinte, Bolingbroke déchargea, par le ministère de Mallet, un posthume « coup de

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