‹ Essai sur Thomas GrayChapitre 268 sur 446 · Commonpl. BR. I · texte numérisé non relu

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niscences affluaient, de Ménandre et son « Tu es homme » ? à l’heureuse vieillesse de Tityre : lieux communs qu'affectionne une époque où l'écrivain réagit contre une prospérité matérielle synonyme de spéculation, où un puritanisme revivifié s'élève contre la débauche, où, avec l'extension des villes, en vient le dégoût chez les délicats. Cicéron méditait sur les vrais biens loin des luttes du Forum. Des ermites studieux ou aigris figurent à leur tour dans les vers de Parnell comme au centre de Tom Jones; et tandis que Goldsmith trace un rêve évangélique et champêtre, Johnson apprend la vanité des désirs en imitant Juvénal.

Mais voici le remarquable : d’un côté, c’est une sagesse heureuse. Un Pomiret cherche le « confortable » °7. Pope enseigne le mépris des richesses avec la manière de s’en servir : sa vertu est soumise à l’arithmétique de l’optimisme®*s. Du même fonds, d’autres retirent une punition dont ils s’ennoblissent. Sénèque était, entre tous, favorable à ce genre d’attendrissement. Gray lui empruntait sa défense. Son âge d’or était celui où les hommes « ne fuyaient pas la société par crainte des tentations.., où l’on n'était ni sot, ni faux, ni injuste » *?. I] cherchait toujours sa vérité en échange de son sacrifice. Une page de la République le hante : « I/amour de la vérité est la conséquence naturelle d’un génie vraiment disposé pour la philosophie. Un tel esprit sera peu enclin aux plaisirs sensuels. Accoutumé aux vues les plus larges des choses et aux méditations les plus sublimes, il contractera une habitude de grandeur et regardera de haut, pour aïnsi dire, la vie humaine et la mort, qui en est le terme » 1%. If aurait voulu être un Socrate.

Peut-être devint-il, avec les années, quelque peu sceptique sur l'efficacité de cette philosophie héroïque dans son cas. Elle semble s'être fondue pourtant avec sa torpeur constitutionnelle. Il y trouve la même satisfaction désabusée d’un homme qui « devra toujours regarder la vie avec quelque chose qui est pire que l'indifférence, sans cependant en être un ennemi; et qui peut regarder derrière lui bien des heures amères, avec un mélange de satisfaction et de soumission relatives; devant lui aussi, vers une perspective médiocrement prometteuse, mais avec quelque espérance d’un jour meilleur » 101,

Du reste, il n'emprunta jamais que ce dont il avait besoin. Son effort n’est pas un exercice de la volonté, mais une explication de son pessimisme. Son stoïcisme est si dérisoire qu'il manque au moins deux des buts essentiels : ne montrer ni n’exagérer sa douleur 1°. Il a ignoré le silence et la sérénité. L'ordre fût-il venu de

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