‹ Essai sur Thomas GrayChapitre 272 sur 446 · TL, I 257, 280, 310. TI DLOTRIET CS · texte numérisé non relu

TL, I 257, 280, 310. TI DLOTRIET CS

132000 TEE 49. 133. LI 530:

Son tempérament, le ton de l’Université, Locke défenseur du droit naturel, toutes les forces morales qui conduisent de la Révolution anglaise à la Révolution française, prolongeaient, sur le plan politique, ses principes de vertu et de liberté. Il suffira de déterminer son adhésion à ce mouvement.

Il l'aperçut dans l'ambiance diffuse qui depuis Milton imprègne la littérature poétique d’un esprit de révolte. « Les vrais poètes ont été les ennemis intrépides du despotisme »1%, Dans le Léonidas de Glover et dans les Odes d’'Akenside, leurs accents de libéralisme se mêlent à des accords patriotiques 1%5. Pope a revêtu la tyrannie des sombres couleurs de l'injustice 1%, Thomson a consacré à la liberté un vaste poème oublié 137. Collins aborde, à son tour, le sujet; et Mason lui-même, avant de déverser son aigreur dans la satire politique, écrit une Ode sur le Destin de la tyranme, où il pindarise Lucifer tombé et le « carnage pourpre » 18,

11 le vit sur le terrain de la jurisprudence, de la théorie politique et de l’histoire chargée de leçons 1%, Non pas seulement à travers le Milton de l’Areopagitica ou de la Seconde défense, mais chez un Harrington ou un Algernon Sidney; chez les précurseurs de Montesquieu : Jean Bodin, Selden, Grotius, Puffendorf. On sait qu'il s'occupa à la lecture des historiens florentins, de Sarpi, de Giannone. On a remarqué son culte pour Machiavel; sans doute, pour le Machiavel qui souffre des entraves de sa patrie, et qui, au milieu des cruautés de son opportunisme, espère en l’énergie libératrice : « Autant sont dignes d’éloges les fondateurs d'une république ou d’une monarchie, autaut méritent le blâme les fondateurs d’une tyrannie » 140,

Il le connaît en humaniste. Il sait les passages de Tite-Live, où sont exaltées les vieilles vertus romaines, et ceux de la Pharsale, où la république corrompue va vers sa ruine. Ce qu'il a goûté le plus chez Tacite, dont les traductions servent maintenant de couvert à la propagande, c’est « sa haine de la tyrannie et le grand esprit de liberté qui, à chaque instant, éclate en lui, pour ainsi dire, qu'il le veuille ou non» 141, Le thème de la grandeur et de la décadence de Rome lui semblait familier quand il le retrouvait chez Montesquieu. Les temps heureux des idylles, des pastorales

134. Second Defence of the People of England (Prose Wks. éd. Saint John, I, p. 241).

135. Cités par Stopford A. Brooke, Theology in the English Poets, Londres 1874, p. 50. Pour Akenside, voir Odes, I, viüi; II, x.

Page 1