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Essay on Man, III

137. Liberty, 1734-6. Le Caton d’Addison (1713) s’ouvrait aussi par une diatribe contre 11 dictature.

138. Collins, Ode to Liberty (pub. 1746); Mason, On the Fate of Tyranny (1756). SO CR SAP LTÉE UT, DD: 215-0, 140. Discours sur. Tite-Live, 1, x.

141. TL, I 95. Voir l’œuvre de Th. Gordon (DNB xxii, 230). Son Tacite (1728), dont la préface était chargée d'idées libérales et d’attaques contre l’absolutisme, fut traduite en français, à Amsterdam, en 1742.

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et des églogues rehaussaient le tableau d’un arrière-plan de vie simple et rustique. Platon éclairait le tout des splendeurs de son utopie.

Et voici ce qu’il a retenu.

La tyrannie est odieuse. Qu'on en considère les effets : prisonnier de «la servitude, de la pauvreté, des craintes et de l’angoisse de son esprit », le tyran est «le plus misérable des êtres humaïns » #2. Aussi infortuné le pays qu'il gouverne. Parcourant le royaume de Naples, Gray constate, non sans naïveté : « Cette partie de l'Italie est un miracle de beauté et de fertilité... Que doit être un tel pays à une époque de liberté, lorsque, sous le gouvernement exécrable auquel il est soumis depuis longtemps, il peut être aussi florissant ! » 14 Mais il lui plaît de transcrire les pages « belles et émouvantes » où Algernon Sidney dépeint les malheurs de Florence sous les Médicis. Il s’attendrit à l’évocation romantique des «habitants, maigres et affamés, de murs que soutient le lierre », et dont « le sommeil n’est interrompu que par la faim, les cris de leurs enfants ou le hurlement des loups » 144.

La tyrannie est une usurpation, une violation intolérable du droit naturel de l’horime à la liberté. Fondée sur la terreur, elle s'inspire d’un instinct mauvais. Sa souveraineté est débile. « Tite- Live remarque avec noblesse combien il est impossible aux hommes qui veulent conserver leur liberté et leurs prérogatives d’empiéter sur celles des autres » 145, Cicéron «observe que la souveraineté établie sur les craintes et la terreur du sujet est faible et chancelante; qu'aucun homme ne se fait craindre s’il n’est pas en même temps sous l'empire d’une crainte égale. » Pour conserver la puissance, « le meilleur moyen est de se faire aimer; le pire, de se faire redouter » 146,

La tyrannie est surtout une dégénérescence. Telle est la leçon qui émane du livre VIII de la République 147. Tout ce qui a un commencement se corrompt. Dans une société, l'élément corrupteur naît du désir croissant, chez certains, de posséder. I/avarice et l'amour du plaisir se développent alors au détriment des arts et de la sagesse. Au sentiment de l’honneur se substitue la vénération de l'argent. Les inégalités s’établissent; les classes se forment et s'opposent. Tôt ou tard, les déshérités se révoltent. On fonde une république. Violente et tumultueuse d’abord, la démocratie devient capricieuse, énervée, incapable de vouloir et d'agir. La liberté tourne à la licence, puis à l'anarchie. Le cycle s'achève lorsque le démagogue s’érige en tyran, « par nécessité et par crainte. »

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