‹ Essai sur Thomas GrayChapitre 278 sur 446 · Cf. Th. Fowler, Locke (EML,), Londres, 1883, pp · texte numérisé non relu

Cf. Th. Fowler, Locke (EML,), Londres, 1883, pp

173. L'idée que l’éducation est une acquisition d’habitudes est en germe dans Bacon, Essays, I, Of Studies (éd. Devey, Bohn’s Lib., p. 136).

174. Conduct of the Understanding (Works, 0. c. sup. II vin. 79, I, p. 26). 175. Ibid. p. 36. 176. Ibid. p. 34. 1770 PL II 287. 178. GW IV trot. 179. GW IV 193. 180. GW IV 253.

désordre et de déséquilibre » et l’écarte « de la route du bonheur » 181,

À la faveur de comparaisons classiques — fixation des idées dans la mémoire comme en un bloc de cire, stades de l'éducation analogues au travail du sculpteur — Gray retrouve dans le T'héétète les idées de Locke sur la connaissance, sur la mémoire, sur les notions claires et obscures, sur le rôle de la sensation et de la réflexion :?. L'éducation apparaît alors comme la recherche de la vertu, qui est l'exercice de la raison, par une action sur la sensibilité. L/empirisme de Locke est là : « Le grand dessein d’une bonne éducation est de fixer de bonne heure dans l'esprit l’habitude d’associer les idées de plaisir et de désir avec l’idée de vertu, et celles de douleur et d’aversion avec celle de vice » 183, Et voici son rationalisme : « L'intention de toute éducation et de toute loi est de soumettre la partie animale de notre nature à la partie rationnelle » 154,

L'éducation, en tant que devoir du législateur, est une idée maîtresse de la République et des Lois. I,ocke n’envisage pas cet aspect. Mais, en dehors de lui, le rapport entre l'éducation et le « gouvernement des mœurs » devient un motif fondamental chez Helvétius et ses pareils 155. Nul ne l’a plus audacieusement traité que Rousseau : l'éducation importe plus à l’Etat qu'aux parents, car « l'Etat demeure et la famille se dissout »186, I/Angleterre devait, pour longtemps, rester rebelle à cette nouvelle conquête de l'esprit laïque. Bien avant l'Encyclopédie pourtant, la notion d'intervention éducative de l'Etat s’est présentée à l'esprit de Gray. L'a-t-il simplement empruntée à Platon? I1 ne semble pas. Mais il connaissait Bodin°, qui disait : « L'institution de la jeunesse... est la principale charge d’une république » 187, On lit dans ses notes : « C’est la tâche propre de l'éducation et du gouvernement conjugués que de redresser les défauts qui proviennent du sol et de l'air » 188, On relève là, en même temps, une autre idée chère à Bodin, le germe de la célèbre théorie des climats. Gray écrivait aussi, au même endroit : « Le climat dispose certaines nations à la contemplation et aux plaisirs; d’autres aux privations, à l’action et à la guerre... Le but principal de l’éducation devrait être d'amener les hommes à penser dans les climats du Nord, et à agir dans ceux du Sud » 1°. Voilà bien les thèmes, souvent répétés depuis la Querelle des anciens et des modernes, du relativisme géographique. Gray les avait trouvés chez Du Bos, dans les chapitres où l’auteur des Réflexions critiques établit les conditions

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