Ibid, TE, D
21. Exemples de leurs emprunts aux anciens (allusions, citations, adaptations, etc.) dans CT I : Virgile, 21, 100, 199; Ovide, 115, 123-4, 168, 177; Lucrèce, 176; Tibulle, 115» 139, 179; Catulle, 249; Properce, 229; Juvénal, 176, 270; Martial, 270; Stace, 46, 71, 272» 315; Claudien, 270. Voir aussi les citations du journal de Gray en Italie (TF 223-60); l’annotation de ses poésies latines par Mitford (AM 173-217). Leur connaissance des auteurs grecs semble limitée, au début : Homère, les tragiques, l’Anthologie (CT I 9, 173, 176, 273, etc.). Gray n’étudia sérieusement Anacréon et Théocrite qu’à son retour du Continent (CT II 40), et Pindare qu'après la mort de West (Cf. inf. p. 437).
22. Sur le thème de la solitude chez les anciens et son importance à cette époque, cf. A. L. Reed, The Background of Gray's Elegy, New-York, 1924, pp. 34 et sq. Dans Doughty, o. c. Sup. II vi n. 23, on trouvera des textes illustrant le passage de la recherche du « souverain bien » au goût de l’isolement (chap. 1 et IV).
Se CLVENITS, 24. Cf. sup. II vi, pp. 146-7.
25 CI TOT: 20RÉLEIETEO:
mémoire 2’: ils connaissent Corneille et Molière ?#,. Un seul poète entra profondément en Gray : Racine. La détresse maternelle l'avait séduit, malgré la pleurarde adaptation d’'Andromaque par Ambrose Philips *. A Paris, il eut la bonne fortune d’applaudir la Dumesnil dans Britannicus et dans Phèdre : « Chacun de ses regards et de ses gestes est la nature dans toute sa fougue. Elle est la passion incarnée...; je me sens si fortement touché que je ne peux m'empêcher de vous parler d’elle » %, Huit ans plus tard, il disait encore à Walpole la puissante vérité de l'analyse du cœur : « Vous rappelez-vous le Approchez-vous Néron? » #1 Il vibrait au sublime des passions concentrées. Sans quoi, il croyait très spontanément que le français n’est pas une langue de poésie. Bien supérieur l'italien, « riche et expressif entre tous »%. A vingt ans, ïl se met à l’apprendre « comme un dragon, chose des plus faciles pour qui sait déjà le latin et le français. » West suivra son exemple, et goûtera avec lui l’admirable Tasse 53, Sous les couleurs de la Croisade, il aimait retrouver, dans la Jérusalem, les grandes images de l’Iliade, de l'Enéide et du Paradis perdu #1. Dante l’étonna par ses visions, par le surhumain de son génie libre « né dans un siècle rude de passions violentes et sans frein»3%5. Bien différente, la doucereuse mélancolie du Berger fidèle avait pourtant fait soupirer l’Europe ; et il traduisit à son tour le Nuda si, ma contenia, adressé au « cher bosquet » et à ses « taciturnes horreurs » #6. Il lut enfin Pétrarque. Il en comprit vite les faiblesses; sut élaguer le faux et le précieux #7. Mais il cueïllit le « tendre » et le «naturel », et marqua dans ses marges la douleur et la ferveur, et ces vers accomplis que le sonnet attentif souvent propose, en éveillant en vous quelque écho 58,
On ne sait trop ce qu'ils reçurent de l’atmosphère immédiate. 11 faut consulter l’histoire pour évoquer par hypothèse la poésie nationale qu’ils ne pouvaient ignorer. D'un côté, les faiseurs d’odes, d’élégies et de panégyriques; les poètes de revues; les Horaces et les Juvénals de Grub Street, parias d’un régime qui a fait de la poésie un style, et en inculque la recette. Versifier une idée quelconque, c’est choisir une forme ingénieuse; et il n'existe que des degrés de virtuosité. Son élégance, son brillant font de Prior le maître distingué de cet art factice, de ces œuvres d'esprit, de ces pièces brèves et légères qui passaient alors pour lyrisme.
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