AB 135-6. Cf. sup. III iii, p
166. Texte biblique : 1. Eternel des armées, combien sont aimables tes tabernacles ! — 2. Mon âme désire ardemment et même elle soupire après les parvis de l'Eternel; mon cœur et ma chair tressaillent de joie après le Dieu Fort et vivant.
Traduction de Milton : Combien adorables sont tes demeures belles, — 6 Dieu des Armées, combien chers — les plaisants tabernacles sont — où tu habites si près ! — Mon âme languit, et presque se meurt, — mon Dieu, du désir de voir tes parvis. — Mon cœur
et ma chair élèvent un cri — vers toi, Ô Dieu vivant! 167. Ad C. Favonium Aristium (AB 144-6).
Le Printemps me sourit, et les Nymphes propices, à moi, dont la narine ouverte est enivrée du parfum qu’en passant ravit aux violettes
la brise du matin;
à moi couché dans l'herbe tendre
auprès d’une eau qui court allègrement,
ou qui s’attarde avec un doux murmure sut les petits cailloux,
Ces soucis ingénus occupaient notre cœur au renouveau de l’an, alors que tout le ciel s'ouvrait à Favonius dans sa sérénité,
en la pute saison,
À ces loisirs et à ces champs, je veux rester fidèle un temps encore, comme à Phébus Clytie, dussent les vents souffler, et dût vieillir
le mol été.
Que, lorsque son chariot vient répandre la joie sur le labeur humain, sur les prés et les monts, l’Aurore, à son lever, pavoise sa carrière
de pourpre et d’or,
je suis là attentif, et je salue la sphère
prodigue de clarté; ou lorsqu'elle s'efforce
de colorer Calpé, admirée entre toutes, de feux plus doux,
ou lorsque, enfin, parmi les lueurs qui s’éteignent, sans bruit, le crépuscule efface ses couleurs, et que le paysage vert s’évanouit
dans les ténèbres.
Quel bonheur ce serait pour moi, si, à mon tout, et pour ne plus jamais reparaître, la Parque charitable entourait mon déclin d’une mort
aussi paisible !
L'astre resplendissant, que ceint une couronne
de rayons souverains, je ne l’envierais pas,
tandis que son quadrige ardent s'élève au faîte du zénith olympien !
Ce poème revient sur l’antithèse des études obligatoires et de l’insouciante liberté, du monde mauvais et de la vie idéale. Pas de soucis, pas de grandeur; une éternelle chanson, au sein de la nature où l’on reste ignoré : toujours le rêve bucolique. Les traits du paysage, la phraséologie mythologique, l'atmosphère, les plus gracieux détails eux-mêmes, le parfum du vent, le bruit de l’eau sur les cailloux, tout est connu 155. Si l’on oublie un instant Virgile, c'est pour penser à Pétrarque. Mais Pétrarque voulait « retourner