Gaurus, 2; Alcaic, 4, et Eton, 26; CT I
Ignare nostrum mentes, et 2nerlia corda,
Dum curas regum, et soylem miseramur 11qUam, Quæ solio affixit, vetuitque calescere flamma Dulci, quæ dono divum, gratissima serpit
Viscera per, mollesque animi lene implicat æstus, Nec teneros sensus, Veneris nec præmia noruni, Eloquiumve oculi, aut facunda silentia hinguaæ ?°,
Par la suite, Gray n’hésitera pas à incorporer ainsi à un poème des vers entiers, intégralement 21 ou avec une modification légère. I1 prend un vrai plaisir à combiner et à adapter. Avec deux moïitiés de vers anciens, il fera un vers nouveau, qui ne sera ni tout à fait ancien, ni tout à fait de lui :
Qua Zeves cursus aqua cunque ducrit 202,
Ou bien, il choisira un passage célèbre, et, par une habile retouche, l’accordera avec son texte :
sunt hic etiam sua præmia laudi; [His metus atque amor,] et mentem mortalia tangunt 2%,
De la métrique latine, il apprit l’art de plier les mots aux exigences de la quantité et du dessin rythmique; et ce fut une nouvelle école de souplesse et de formalisme. Versificateur d’une rare sûreté, il s’essaya à plusieurs mètres, et n’y gagna pas seulement l’aisance, mais l’habileté à adapter le rythme au sujet. Comme Virgile, il sut donner à la majesté de l’hexamètre la force et la douceur. Tantôt il lui communique toute sa noblesse et sa sonorité pittoresque :
Nam fama est olim, media dum rura silebant
Nocte, Deo victa, et molli perfusa quiete,
Infremuisse æquor ponti, auditamque per omnes
Late tellurem surdum immugire cavernas :
Quo sonitu nemora alta tremunt; tremit excita tuto
Parthenopæa sinu, flammantisque ora Vesevi.
(Gaurus, 7-12)
Aïlleurs, il le traite avec suavité :
Teque adeo, unde fluens reficit lux mollior arva Pallidiorque dies, tristes solata tenebras. (Luna, 16-7)
ou dans un gracieux mouvement :
Dum prona in latices speculi de margine pendit Mirata est subitam venienti occurrere Nympham : Mox eosdem quos ipsa artus, eadem ora gerentem Una inferre gradus, una succedere sylvæ Aspicit alludens; seseque agnoscit in undis.
(De Principiis, À, 147-51)