‹ Essai sur Thomas GrayChapitre 307 sur 446 · Ex. : dire food, grisly Felon (1); vers · texte numérisé non relu

Ex. : dire food, grisly Felon (1); vers

209. AB 1090-11. Cf. Jérusalem délivrée, XIV, 32. Noir Voltaire, Essai sur la poesie épique, VII.

toutes les pierres lustrées dardent leurs clairs rayons, et se mêlent, adoucies, sous un jour changeant.

Ici la tendre émeraude sourit dans sa verte nuance,

les rubis flamboient, avec le bleu céleste des saphirs. Le diamant attire là les regards étonnés,

fier de ses mille couleurs et du faste de ses feux. (57-70)

La dernière traduction nous ramène à la poésie latine. C’est l'Eloge de la Paix, de Properce °°, L/invocation à l'Amour est rendue sans chaleur. Le passage sur la vanité des conquêtes terrestres est omis. Mais Gray développe avec l’abondance de la conviction le tableau final de l’existence souhaitée. D'abord, il sera poète :

Tant que de la jeunesse dureront les heures joyeuses,

puissé-je habiter la douce retraite de Castalie;

trouver le repos berceur près de l’ombreux vallon

que franchit en gazouillant le flot d’Aganippe;

ou, réveillé de ma torpeur par de joyeux accents,

unir mes mains à la ronde, et danser avec les Muses.

Qu'il me soit donné de passer la coupe des rires,

l’âme prisonnière des doux liens de Bacchus;

que se posent sur cette tête des fleurs jamais fanées,

que s’épanouisse, orgueilleuse, la première rose du printemps. (5-14)

Quand blanchiront ses cheveux, il se vouera à la science. Il déchiffrera la Nature et Dieu, et scrutera la destinée de l'Univers. Il voudra savoir :

si les royaumes souterrains connaissent les tourments de la fable, affres sans répit, et feux qui toujours brüûlent,

monstres humains étendus sur leur lit de fer,

sifflantes terreurs sur la tête d’Alecto...,

châtiments du ciel courroucé, épreuves de l’enfer,

rochers suspendus, et roue d’Ixion qui tournoie,

famine au banquet, et soif dans le courant;

ou si nos craintes ne sont que le songe creux de l’enthousiaste, et toutes les images qui troublent le repos de la tombe horreurs figurées et poétiques angoisses. (39-42, 45-50)

Chercher la fraîcheur et l’idéale ivresse au sommet du Parnasse; dissiper la vision des tortures menaçantes, tel était bien, en effet, le but de sa vie et le foyer de son inspiration.

A son retour de voyage, on s’en souvient, Gray devait posséder, pendant quelques mois, l’amitié de West. Séparé de Walpole, plongé dans le désarroi d’une maison en deuil, et provisoirement contraint à une fastidieuse oisiveté 211, il se porta tout entier vers l'ami sympathique que l’ultime souffrance rendait chaque jour plus attendrissant. Rêvèrent-ils ensemble la célébrité poétique? Au cours de l'hiver, West put lire le début d’une tragédie, À grippine. Parti pour la campagne aux jours de printemps, il reçut

Page 1