ABN7O
AE Wordsworth, Preface to the Second Edition of the Lyrical Ballads, (Oxford Poets, P. 930).
239. Voir diverses sources verbales dans AM 90-1. Pour l’ensemble, cf. Pétrarque; Après la mort de Laure, sonnet xlii.
Mais il en est, avant que soient finis mes jours, au cœur de qui je veux construire mon tombeau. 240
Comme Laure à Pétrarque, comme Diodati à Milton, West lui apparaissait maintenant dans une auréole. Cet anéantissement affreux, et qu'il subirait à son tour, il fallait bien qu’il le rêvât
beau. N'était-ce pas 1à son privilège de poète? Ce sont les vers latins qu’il faut lire :
… tu pars, en te plongeant dans l’ombre de la mort ! Moi, j'ai vu la tristesse immense déchirer ton cœur toujours sensible à la douleur d'autrui. J'ai vu ces yeux languir, et pâlir ce visage aimant, plein de piété et de rare ferveur, d'amour noble du Vrai, d’honnêteté candide.
Mais qu'enfin la rigueur d’une longue souffrance S’apaise, et qu’on revoie la Santé aux joues roses, cher Favonius ! je l’espérais; et, ainsi que jadis, je pensais avec toi couler des jours faciles. Beaux rêves vains, hélas ! Stériles espérances | Jours de deuil qu'il faut vivre sans toi, en pleurant, au milieu des regrets, des plaintes inutiles !
Mais toi, sainte âme ignorant notre peine, te voici dans le temple étoilé, dans l’éther qui te forma. Si, regardant les hommes, paisible, tu revois nos œuvres méprisables, et t’inquiètes encore de nos menus soucis; si, d’un poste élevé, tu contemples parfois notre tourmente, les dards aigus des passions, les joies, les pleurs; dans la poitrine étroite le grand courroux, et les emportements du cœur, vois ces larmes aussi, versées par un amour qui se souvient, et qui s’attarde sur ta tombe, en disant de vains mots à ta cendre muette 21,
Du vivant au défunt, l'instinct qui se dit amitié a jeté l’échelle d’or nouée par la morale et la foi. La névrose a grandi son mythe attendrissant: et, aux yeux de l'incertitude, la Muse a pris les traits de la Mort splendide et pure.