‹ Essai sur Thomas GrayChapitre 315 sur 446 · Edition décrite dans BN 1326. 18. Cf. sup. n · texte numérisé non relu

Edition décrite dans BN 1326. 18. Cf. sup. n

328 LE POÈTE IV-ii

n'y prit pas garde, » dira Joseph Wharton huit ans après ”. Quelques éloges parvinrent cependant jusqu'au poète, qui se « délecta » de ses « six pence de gloire » *, Et, comme si cette gloire n’était pas absolument ironique, il eut un mouvement d’entrain, une verve rallumée. Pourquoi pas?

Au mois d'août, le voici à Stoke. Repensa-t-il aux « vers d’automne », le soir, dans le cimetière où sa promenade le conduisait ? Lorsqu'il revint à Cambridge, il proposa encore de vieilles choses. Dodsley entreprend les anthologies. Après un Choix du Vieux Théâtre *1, il projette maintenant un Recueil des poètes contemporains 2, « De mon ode sur Eton, Mr. Dodsley est patron. La seconde que vous avez, j'imagine que vous ne la jugez pas digne d’être envoyée, sans quoi elle ne me paraît pas plus mauvaise que l’autre. On pourrait lui donner aussi Selima, à moins qu’elle ne soit trop peu importante pour son volume patriotique; ou que les relations que vous eûtes avec la belle ne l’interdisent. Che so 10? » 3% J/année suivante, le Recueil de Dodsley vit le jour, et contenait les trois poèmes, l’Ode à Eton, l'Ode sur le Printemps et l'Ode sur la Mort d'une Chatte favorite 24. Gray se trouvait là en compagnie des plus marquants de l'heure, Tickell, Green, Shenstone, Dyer, Lyttelton. Mais il s’offusqua des Grâces nues qui paraient le titre : « J'ai honte de me voir, » dit-il *.

Cette présentation n’était pas très digne de lui, en effet. A Stoke, où il revint cette fois dès le mois de juin, après l’incendie de Cornhill, il rentra en lui-même *. Ses lectures, ses études lui ont suggéré l’idée d’un grand poème : « Quel nom lui donner, je ne le sais pas; mais le thème en est l’alliance de l'éducation et du gouvernement. Je veux montrer la nécessité d’une collaboration entre les deux pour former des hommes grands et utiles »27. Vaste ambition, déjà ébauchée à Cambridge, où il en montrait les premiers résultats à Stonhewer ?#. En voici cinquante vers, envoyés aussitôt à Wharton ?* : « Je vous en prie, ne montrez à personne, car ce n’est qu'un fragment »%°. Les progrès furent pénibles. L'hiver apporta à Cambridge les premiers exemplaires de l'Esprit des Lors #1. En lisant l’ouvrage, Gray « déclara que le Baron le devançait en quelques-unes de ses meilleures idées » #2, I1 n’insista pas.

ss Essay on the Genius and Writings of Pope, 1756 (II, p. 224 de la 5° éd., Londres, 1806).

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