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332 VE POÈTE IV-ii
car au commencement d'août il expédiait à Durham la première partie d’une ode pindarique inattendue, Le Barde, et la seconde partie à la fin du même mois . Pour écrire la dernière triade, il se plaignit d’être sans ardeur. Mason le pousse. Mais l’année 1756 s'ouvre, s'écoule et s'achève sans qu'il ait ajouté « une ligne », «une syllabe » à cette « odicule » $6. Il fallut que le harpiste John Parry vint faire entendre à Cambridge ses vieux airs gallois ‘7. Transporté par la musique, Gray se remit à l’œuvre, et, non sans chercher de nouvelles assurances auprès de Mason, écrivit les derniers vers de l’ode au mois de juin ‘®.
Ii partit pour Londres et se présenta à la Téle de Tullius. Ii aurait même signé un contrat et accepté de l'argent ®*. Mais Walpole veillait. « Je l’ai trouvé en ville la semaine dernière. Il avait apporté ses deux odes pour les faire imprimer. Je les ai arrachées des mains de Dodsley, et ce seront les premiers fruits de ma presse » %, Car Dodsley sera l’éditeur, mais Walpole imprimera. C’est sa dernière fantaisie. Son « abbaye est devenue un vrai collège, une académie »; il a fait « transformer une cabane en imprimerie », et il ne voit en rêve qu'Elzévir, Alde et Etienne 71. Le 13 juillet, Gray se rend à Strawberry Hill. La machine est montée; l’imprimeur Robinson est à son poste. Le 16, le tirage commence, et le 8 août deux mille exemplaires étaient en vente 72.
Si la note sentimentale et universellement humaine de l’Elégie avait reçu des applaudissements unanimes, avec les odes pindariques commencèrent les critiques et les divergences d’opinion; peut-être aussi les jalousies de la ville à l’égard d’un timide universitaire trop ambitieux. Le passé affrontait l’avenir. Mason et Walpole prévoyaient juste : les odes furent déclarées obscures et pédantes par beaucoup. Sans partager le mépris de Johnson, haineux et partial à en confondre Boswell 3, Goldsmith affecta le regret dans la Monthly Review. Certains passages égalaient Dryden lui-même; mais pourquoi employer « un talent aussi capable de procurer du plaisir à tous » à des œuvres aussi peu faites pour notre nation? Qu'un « homme de génie tel que Mr. Gray fasse donc justice à son talent, et essaie d’être plus original ! » 74 Par Dodsley, Gray reçut l’approbation de Lyttelton et de Shenstone, avec le souhait « que j’eusse été plus clair » #. Il apprit la déception de l’helléniste Robert Wood, et les chicaneries d’Aken-
65 EL FE 268 270 272 etn 2.
66. TI, T'2871, 283-4, 201, 3TT, 312. 67 LI 10331: CE SD IV, DTA. 68. TI, I 334-5. 69. Cf. Strauss, o. c. sup. n. 7, p. 164.
70. Lettre à Chute, 12 juill. 1757. Cf. Dobson, o. c. sup. I i n. 36, pp. 163-4, 343-66: Journal of the Printing Office at Strawberry Hill, éd. Paget Toynbee, Londres et Boston,
71. Lettre à Mann, 4 août 1757. 72 LeITEr60 etPAEr 7: 73. OC. Sup. Ii n.-100,p. 136.