TE I 118-0. 108.-TI, I 153. TOO EE IL
336 ; LE POÈTE IV-ii
est plein de Pope, dont il reprend les idées et défend la réputation 12%, Il conseille jusqu’au bout de ne jamais oublier Dryden, et de « fermer les yeux à ses défauts » 111, I1 avait fait interfolier son Milton 112, et déclarait « ne s'être jamais assis à sa table pour composer des vers sans avoir d’abord lu du Spenser pendant de longues heures » 113, Mais il obéissait à des sollicitations plus directes. Sans Mason, Hurd et le projet d'Histoire de la Poésie, il n'aurait pas écrit ses odes pindariques, il n’aurait pas traduit les Sœurs Fatales ni la Descente d'Odin "4. Dans les éditions critiques de ses poèmes, les rapprochements avec des œuvres récentes abondent 115, Ce ne sont pas qu’analogies verbales : on croit ici relire Collins; une strophe semble 1à traduite de Gresset 116. Après le triomphe de l’Elégie, Mason lui communiquait ses impressions : « C’est dommage, m'écriai-je, que les Pensées Nocturnes de Voung vous aient influencé! — Oui, répondit-il, c’est très vrai » 117. Il ne s’en cachait pas. |
Bien plus : comme pour couvrir une nouvelle faiblesse, il se divertissait de révéler ses emprunts. Il ne fut pas seulement, à l'exemple de Pope, son premier annotateur H#; il proposait ses explications pour devancer les reproches : « La pensée centrale de ma seconde ode est manifestement prise à [Mr. Green]. Non que je m'en sois rendu compte sur le moment; mais, ayant lu son poème longtemps auparavant, elle s'était certainement gravée dans ma mémoire, et, oubliant l’auteur, je la pris pour mienne » 11. Parmi les critiques de Goldsmith, il « admira.. cette observation que le Barde est tiré du Pastor, cum traheret, et le conseil d’être plus original » 1%, Au même moment, il désigne à Bedingfield les «mots presque volés à Milton », le vers «imité de Cowley », le vers « emprunté à Dante »; et il ajoute : « Ne vous étonnez donc pas si quelque revue me traite de plagiaire. Moi, je pourrais leur montrer encore cent exemples d'emprunts qu’ils ne découvriront jamais tout seuls » 121,
Cependant, s’il ne dédaignait pas d’imiter même ses contemporains, comme il se montrait partial et d'humeur jalouse envers ceux-ci! Son regard aigu touchait juste, mais presque toujours du côté faible. Il s’enthousiasmait aisément pour un Gresset iro-
LTO MTL IET28: TEL, LEE Se TES CRACEL 127004 113. 410270;
114. Cf. swp. IT iii, p. 100, et III ïi, p. 237. Lors du succès des odes pindariques, Gray
disait à Hurd : « I do not know why you should thank me for what you had a right and title to » (TL I 346).
115. Voir en particulier l’annotation de Mitford, dans AM. 116. AM 95-6; 123-4. 117. AM xxvii. ES
118. Voir surtout son annotation des Odes pindariques, TP 187-225, pass. (cf. les Imitations » de la Dunciad de Pope, Globe ed., pp. 424 ef sq.)
EXO MEL ETSS; 120. TL, I 367. Il s’agit de l’article cité sup., n. 74. 121. Lettre inédite à Bedingfeld du 27 août 1756 (cf. sup. II iv n. 4).