SOS MRE SN EITAST
59. Celui de la succession Shallet Turner. Cf. sup., n. 46. 60. CH 96-7. Cf. TL, III 198-207 61. TL, III 199-200. 62: ÆFITIIE 205. 63. TI, III 203-4.
30 LE SOLITAIRE DE PEMBROKE I - iii
Dans l’abstrait, Gray aime les hommes; mais d’une manière académique et parce que l'amour des hommes est enseigné dans les livres profanes et sacrés. S’il reconnaît que « la bienveillance à l'égard de nos amis et la charité à l'égard de nos semblables sont les liens mêmes de la société et le fondement des vertus primordiales »%, c’est en lisant Locke la plume à la main. Tout autre est sa conduite.
Il accable de sarcasmes les gens en place; s'amuse de la considération dont on les entoure et remporte sur eux la victoire magnifique de l'indépendance : « Hélas ! il fut un temps où Frédéric Hervey était mon ami, et il fut un temps où, de son propre aveu, il eût été mon plus grand ennemi. Pourquoi ai-je perdu l'un et l’autre avantage, alors qu’à présent je pourrais être si heureux de l’un ou de l’autre, peu importe lequel? Dites-lui qu’il peut faire son choix; ce n’est pas par intérêt que je dis cela, bien que je sache qu’un jour il sera comte de Bristol, mais simplement parce que je suis depuis longtemps sans valet ni bouffon à moi »5. Son dédain s'exprime parfois en termes outranciers : « J'ai vu votre ami le doyen de Salisbury ici, aujourd'hui, au théâtre, et j'ai pensé v-m-r »66, I1 dit encore à Mason, qui vient d’être nommé aumônier du roi : «Racontez-moi, je vous prie, toute la cérémonie, et comment votre premier grand sermon a réussi; si vous avez entendu parler de quelqu'un qui ait renoncé à son élection ou qui ait fait restitution à l’Echiquier; ou si vous avez vu quelque femme piétiner ses pompons, ou cracher sur son mouchoir pour essuyer son rouge »57. Ambitieuse, cupide et frivole, telle il peint la haute société.
S'il méprise les grands parce que, dans le domaine des avantages matériels et des réussites terrestres, il les voit forts et intolérablement supérieurs, il méprise le contact de la « tourbe ignorante », dégradant pour un gentilhommef®s. Cet autre triomphe est facile. En villégiature à Southampton, il ne se baigne pas dans la mer, ni ne la « boit, ainsi que les gens du commun »; il se promène sur le rivage et la contemple®’. Il s'appelle « sot d’être surpris de la brutalité et de l’insouciance de l'humanité »7°. I1 condamne le genre humain dans son ensemble, et, malgré la religion, malgré la morale, ne peut dissimuler sa haine : « Quant à l’humanité, vous savez mon aversion pour elle. C’est barbare et inhumain, mais je n'y peux rien. Que Dieu me pardonne ! »71
Il a horreur du bruit; fuit les lieux fréquentés. I1 aime Ramsgate, ville propre et coquette, qui n’est « en aucune saison infestée