‹ Essai sur Thomas GrayChapitre 330 sur 446 · Leslie Stephen, Johnson (EML), Londres, 1882, p · texte numérisé non relu

Leslie Stephen, Johnson (EML), Londres, 1882, p

174. Lettre inédite à Bedingfeld, 25 déc. 1755 (cf. sup. IT iv n. 4).

342 LE POÈTE IV-ii

bation 15. Impatient, et cherchant un prétexte, il écrit à Brown, à Wharton : « Il me semble qu’il y a longtemps que je n'ai pas eu de vos nouvelles. Pas un mot pour flatter ou confondre l’orgueil d’un auteur! »17 La renommée sonne-t-elle son nom? Il feint l'indifférence, sous-estime son succès. Il attribue la vogue de l'Elégie à la seule nature du sujet 177. On ne le loue pas, on le trompe, on l’accable du pire des affronts, l’indulgence 18. Sa prévoyante lucidité le place alors dans un cruel dilemme : « Songez combien il est embarrassant de recevoir les plus hautes félicitations, et celles-ci apparemment très sincères, sans dévoiler absolument son orgueil, ou sans affecter de couvrir celui-ci d’une humilité maladroite que chacun a des yeux pour percer » "7°.

Il veut mépriser la critique. « Vous trouvez-vous chatouillé par les éloges de telles gens? J'imagine que votre vanité a meilleur goût. Alors, pourquoi vous émouvoir de leur blâme? » 18° I1 voudrait accepter de bonne grâce les parodies, maïs il ajoute, venimeux, «lorsque je comprends, — ce qui n’est pas toujours.» 181 De son Churchill il avait arraché la page du Fantôme qui le condamnait : cette brusquerie découvre sa totale impatience 1°, Son œuvre à peine parue, il dresse ses antennes : « Ne vous étonnez pas de ma curiosité, si je vous demande ce que vous avez entendu dire. Si dans le reste du monde je ne m'’attends pas à ce qu’on dise grand chose, parmi mes confrères les érudits on trouve toujours matière à critique, sinon à louange » 1%. I] adresse la même question à Walpole, en le priant d’excuser sa « vanité d'auteur » 184, I1 craint de ne pas être assez considéré et d’être trop examiné. Tout comme «les accoucheurs et les pasteurs presbytériens » des revues, ses collègues conspirent à sa honte avec les grammairiens qui « savent scander Pindare » 185. La moindre désapprobation le paralyse, et s’il interrompit son Progrès parce que Mason y avait « jeté de l’eau froide » 186, 11 faut croire que l’insuffisant succès des odes pindariques lui fut une raison de suspendre sa lyre.

Il s’assure contre l’échec en éprouvant ses ébauches, qu’il envoie aux amis avec toute la désinvolture possible : « Pour finir cette lettre, voici le début d’une sorte d’essai. Comment l’intituler, je l'ignore.. Avant d’aller plus loin, j'ai besoin de votre jugement » 187. Le Barde, dont il doutait le plus, fut soumis strophe après strophe à Mason, à Wharton, à Stonhewer 188, « Que pensez-vous du #0o7-

175 CTI 70 ETS 13- 176. TL I 345. Voir aussi p. 344.

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