‹ Essai sur Thomas GrayChapitre 344 sur 446 · Essays, éd. Northup, 0. c. sup. III ii n. 170, p · texte numérisé non relu

Essays, éd. Northup, 0. c. sup. III ii n. 170, p

354 LE POÈTE IV-i neuves, et que l’on pouvait presque créer : « Je rendrais chacune si claire qu’elle serait comprise d’elle-même, car dans cette obscure mythologie, il ne faut pas faire allusion aux choses, comme lorsqu’il s’agit des fables grecques que chacun est censé connaître depuis l’école. A la réflexion, il vaudrait mieux greffer n'importe quelle fable fantastique et pittoresque, absolument inventée, sur la donnée druidique... Cela donnerait plus de liberté et de latitude, et n'offrirait aucune prise aux critiques » 293.

Cette libération venant trop tard, il n’en profita pas vraiment. Mais il la désirait tant qu'il se prit à aimer le Nord comme Homère, ou comme Dante, ce « génie... d’un siècle rude aux passions vives et déchaînées, où la Muse n’était pas entravée par le raffinement et la peur de la critique » #4, En déchifirant la Grammaire de Rhys, il s’émerveilla de la poésie galloise. Sa perfection mnémotechnique elle-même ne répondait-elle pas à l’un des vœux les plus chers de Pope? 2%. Tout cela rendait son admiration plus facile. Il se rappelait aussi ses émotions de vingt ans, lorsque le Roi Arthur, joué à Goodman’s Fields, l'avait « ramené à mille ans en arrière, dans l’ancienne Bretagne » 26. En 1757, il partagea l'engouement populaire pour le Douglas de Home, mais apprécia surtout la révélation de la « divine » ballade de G17 Morrice qui l’avait inspiré : c'était « un miracle non seulement d’antique simplicité, mais d'art » ?°7, Les documents affluent. Son enthousiasme grandit pour un merveilleux dont il contemple le triste sort sous la plume de Mason : «Ces sujets. ont un grand avantage lorsqu'ils tombent dans de bonnes mains : ils laissent une liberté entière à la pure imagination et à la fiction (nos provinces de prédilection), où ni critique ne nous moleste ni antiquaire ne nous contredit » 298. Comme il sentait le poids des contraintes ! Comme il aurait voulu explorer cet « Hlysée gothique », y tracer des visions étranges, élever son « imagination à un délicieux niveau de paganisme et d'enthousiasme magique et farouche »2%, peindre enfin un Mador «entièrement breton, dont la supériorité sur ses compagnons doit se montrer par plus de sauvagerie, plus de fantaisie barbare, une harmonie plus frappante et plus profonde des mots et des rythmes. Si l'antiquité de Bretagne n’est pas assez large, voilà de la place pour l'invention; et si nous inventons entièrement, que l'expression soit d'autant plus nette, les images plus fortes et plus riches !» #% I] aima les poèmes scandinaves, empreints d’un « esprit farouche » qui l’émut #1, et plus encore les poèmes d’Ossian : « J'ai

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