‹ Essai sur Thomas GrayChapitre 35 sur 446 · PS LPE T0 70. TL, I 86. SOI LIT · texte numérisé non relu

PS LPE T0 70. TL, I 86. SOI LIT

8x. LI H-r65. 82 “ET, IIT 100.

32 LE SOLITAIRE DE PEMBROKE | I - ii

ment d’un reclus. Quand il visita la Grande-Chartreuse ®, la paix majestueuse du lieu produisit sur lui une impression ineffaçable : « Saint Bruno était un homme d’un génie peu commun pour choisir un tel lieu de retraite. Peut-être aurais-je été un de ses disciples si j'étais né à son époque »84 Il eût écoulé là sa tristesse dans le silence; se fût occupé à « former certains petits désirs sans portée »35, Désormais, le cloître le hanta; et, par malheur pour lui, la destinée devait, dans une large mesure, exaucer son vœu.

Parmi les anomalies psychologiques du théâtre de Shakespeare, un critique a finement découvert le portrait moral de notre poète : « Le caractère de Jaques, dans Comme il vous plaira, m'a toujours frappé comme remarquablement semblable à celui de Mr. Gray : même sensibilité troublée par de maussades images; même dégoût pour les êtres monotones et vains qui composent la société, et même passion pour la contemplation solitaire et la lugubre tristesse de l’isolement »%6, Gray lui-même s’est décrit d’un trait moins délicat, mais plus saisissant : « J'ai dans mon jardin un hibou qui me ressemble, avec ses yeux ronds qui vous fixent. Toutefois, je ne mange pas de viande crue et ne mords pas les doigts des Sens or

63 16EMSE. 84 «LI 1044: SHUCES TP TRE Te 86. Gentleman's Magazine, août 1770, p. 642.

SE DEA 0 Eaev Gray se rappelait peut-être la phrase où Sénèque dit que l’humanité est « une assemblée de bêtes féroces, sauf que celles-ci sont paisibles entre elles et s’abstiennent de mordre leurs semblables. » (Colère, II, viii.)

Page 1