cf. Elegy
386 LÉ POÈTE IV-ii
Longtemps Erin le pleurera, on ne verra plus le pareil; longtemps chantera sa douleur, chants d’'Immortalité !
L'horreur se répand sur la lande, le soleil se voile de sang.
Sœurs, tissez la trame de mort.
Sœurs, arrêtez, l'œuvre est finie.
Gloire à l’œuvre, et gloire à ces mains !
Chantez la joie et le triomphe !
Joie aux troupes victorieuses,
et triomphe au jeune Roi !.….
Sœurs, éperonnez vos coufsiers.
A chacune un sabre tonnant,
à chacune son cheval noir.
Courons, courons vers la bataïlle. (45-56; 61-4)
Dans la Descente d'Odin, quand le texte le porte, et que la brièveté du vers l’oblige à la concision, Gray atteint parfois l’expression directe et dépouillée du terrible :
Contre la porte otientale,
il s'arrête au tombeau moussu
où reposaient depuis longtemps les cendres de la prophétesse.
Tourné vers l’azimut du nord, par trois fois il traça ses runes, par trois fois il redit les charmes dont le choc réveille les morts; lorsqu’enfin, de la terre creuse, un bruit sourd lentement monta...
O. Réponds encore à mon appel, lève-toi, prophétesse, et dis quel sort attend le fils d'Odin, qui tranchera sa destinée.
Py. Dans la main d’Hoder son arrêt; un frère l’envoie au tombeau.
Je veux clore mes lèvres lasses; laisse-moi, laisse-moi dormir.
O. Prophétesse, entends mon appel, lève-toi, et me dis encore qui sera le vengeur du crime, qui versera le sang d'Hoder.
Py. Là-bas, dans les grottes de l’ouest, pressée dans les bras d’Odin, Rinda va concevoir l'enfant qui ne baïignera son visage, ne lissera ses cheveux noirs, ni ne verra soleil couchant sans avoir souri au bûcher où flambera le corps d’Hoder.
Je veux clore mes lèvres lasses; laisse-moi, laisse-moi dormir. (17-26; 51-72)
Dans .ces mythes instinctifs, Gray reconnaissait ses rêves : le rêve qui fixe toute image où se lit le mystère de la mort, et qui