‹ Essai sur Thomas GrayChapitre 378 sur 446 · IV-iv LES POÈMES LYRIQUES · texte numérisé non relu

IV-iv LES POÈMES LYRIQUES

II. En tous lieux où l’épaisse ramure du chêne étend une ombre plus vaste et plus profonde; où le hêtre rugueux et moussu abrite de son dôme la clairière; 15 sur la rive semée de joncs d’un cours d’eau, la Muse auprès de moi viendra s'asseoir, et songeta, mollement allongée dans ce décor rustique, que bien vaine est l'agitation de la Foule, bien vils, bien petits sont les Fiers, bien misérables les Grands ! 20

IV. La main laborieuse du Travail s’est arrêtée; les troupeaux haletants reposent.

Ecoutez pourtant avec quelle ardeur murmure le peuple affairé de l'air !

Tes jeunes insectes ouvrent leurs ailes. 25 Avides de goûter au miel du printemps, ils flottent dans la liquide lumière de inidi. Tégers, les uns effleurent le courant; d’autres montrent leur parure d’or magnifique qui scintille au soleil. 30

IIT. Aux yeux graves de la Méditation

telle est la carrière des Hommes;

tous ceux qui rampent, et ceux qui volent, finiront où ils ont commencé.

Actifs ou bien joyeux ne font, en voltigeant, 25

que traverser la courte journée de la vie, parés des couleurs changeantes de la Fortune.

La main de l’âpre Malheur les effleure,

la vieillesse les glace, et ils quittent l’aérienne ronde pour reposer dans la poussière. 40

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