La maladie. IX
Conclusion : Taissons l’écolier jouit de son ignorance. X
Une série de points, et une strophe pour chaque point. La série organisée avec une précision logique. Entre le préambule et la conclusion, deux parties arithmétiquement égales autour d’un axe. l/axe tourne, et lance les parties aux extrêmes de l’antithèse, tandis qu’en leur signification particulière, les divisions se répondent deux par deux. Chaque strophe participe d’un ensemble homogène et indissociable, mais demeure strictement elle-même. Elle est inévitable, et contient du nouveau. Elle est une et circonscrite, mais dépendante. Elle procure la même satisfaction, en se produisant exactement à sa place, que les notes successives d’un arpège.
Si l’ode est un organisme, la strophe en est la cellule. Celle-ci renferme la même substance nécessaire et suffisante que le distique des prédécesseurs, mais elle s’en écarte délibérément par un art plus raffiné. C’est un distique qui se prolonge en énumérations, en répétitions plus persuasives, en images moins froides, en sonorités savantes, qui cherche le Iyrisme, et le réalise techniquement par plus de légèreté et de musique; qui substitue à un balancement mécanique, à une cadence sèche, la mollesse sinueuse d’une phrase plus longue aux membres rythmiques plus courts, aux éléments non moins symétriques mais moins monotones parce que judicieusement inégaux, à l’enlacement non moins strict mais moins dur parce que plus ingénieusement rimé. Ce n’est ni la strophe aux rimes plates ou alternées qui pourrait ne pas être strophe, ni les excentricités anisométriques dont se délectèrent les poètes du dix-septième siècle, ni le banal sizain. Gray invente vraiment des formes souples et solides. Pour l’Ode sur le Prin-
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temps et l’'Ode sur Eton, il assemble le quatrain de ballade et le sizain à rime couée # :
Lo ! where the rosy-bosom’d Hours,/ Fair Venus’ train appear,// Disclose the long-expecting flowers,/ And wake the purple year !/// The Attic warbler pours her throat,/ Responsive to the cuckow’s note,/ The untaught harmony of spring :// While whisp'ring pleasure as they fly,/ Cool Zephyrs thro’ the clear blue sky/ Their gather’d fragrance fling.//// (1)
L,/oreille passe de l'alternance des quatre premières rimes, activée par l'alternance des tétramètres et des trimètres, aux coups répétés des rimes plates espacées par les rimes couées quise répondent de loin : elle reçoit une impression de variété et de fine correspondance. Mais l’étonnant, c’est qu’en ne s'imposant pas, en restant caché, l’équilibre conserve son caractère binaire, et toute sa rigueur. Le quatrain offre un exposé général en deux propositions parallèles, elles-mêmes composées d’un membre principal et d’un membre complémentaire plus court. Le sizain se divise à son tour en deux parties parallèles dont chacune apporte un complément particulier, et comme amplifié, aux termes du quatrain. Ainsi se forment deux illustrations nuancées, articulées sur leurs rimes plates, mais rendues solidaires par la rime des vers 7 et 10. Même lorsque la deuxième partie enferme une conclusion (Sp. I), même lorsque la strophe entière est simplement énumérative (Et. VII), une cadence générale identique se reproduit partout.
L'Hymne à l'Adversité adopte la strophe lyrique de la Renaïissance, composée d’un quatrain à rimes alternées et d’un quatrain à rimes plates #1, Mais au lieu de conserver jusqu’au bout l’isométrie à quatre accents, Gray conclut gravement par un alexandrin imité de la Nativité de Milton : :
Daughter of Jove, relentless Power,/ Thou Tamer of the human breast,// Whose iron scourge and tort’ring hour,/ The Bad affright, affict the Best !/// Bound in thy adamantine chain/ The Proud are taught to taste of pain,// And purple Tyrants vainly groan/ With pangs unfelt before, unpitied and alone.//// (I)
Plus simple que celui de la précédente, le rythme de cette strophe n'en est pourtant qu'une variante. On y remarque la même division binaire, mais le contraste entre les deux parties est rendu