Sp 38, Et 44 (Pope
408 LE POÈTE IV-iv
I feel the gales, that from ye blow, A momentary bliss bestow, :
As waving fresh their gladsome wing, My weary soul they seem to sooth, And, redolent of joy and youth, To breathe a second spring. (Ef. 15-20)
Mais cette musique cherche l'image. Le poète est un peintre, et la forme rythmique choisie se prête au dessin. On croit voir les arbres faire le geste d'étendre leurs rameaux ombreux dans
Where’er the oak’s thick branches stretch A broader, browner shade. (Sp. 13-14)
Le premier symbole, c’est la fresque descriptive au service d’une pensée, le bonheur des adolescents décrit par le réalisme de leurs
jeux
Who foremost now delight to cleave With pliant arm thy glassy wave?
The captive linnet which enthrall?
Why idle progeny succeed To chase the rolling circle’s speed, Or urge the flying ball? (Æ7. 25-30)
Réalisme schématique, bien que fondé sur la chose vue. On reprochera de même à la strophe initiale de l’Ode sur le Printemps son caractère abstrait. L'erreur consiste à synthétiser, à transposer dans un registre conventionnel. Voilà pourtant l'opération même de l’imagination poétique. De quintessence en quintessence, le mythe s’est élevé jusqu'à l’allégorie, jusqu'à l’unique mot; après quoi, le mot s’est vidé de substance. Rappeler à la vie l’interprétation imagée des vérités primordiales, c’est ressentir cette vie en soi, et faire la route inverse en revenant au signe. Gray pense-t-il aux calamités menaçantes? Il les voit; ce sont des monstres que son imagination concrétise et personnife :
These shall the fury Passions tear,
The vultures of the mind, Disdainful Anger, pallid Fear,
And Shame that sculks behind;
Or pineing Love shall waste their youth Or Jealousy with rankling tooth,
That inly gnaws the secret heart, And Envy wan, and faded Care, Grim-visag’d comfortless Despair,
And Sorrow’s piercing dart. (Et. VII)
À chacun un attribut concret, une couleur, une terrible esquisse renouvelée de Shakespeare, un geste atroce peignant une angoisse peut-être éprouvée. Pourtant ces fantômes ne nous terrifient pas. C'est que, s'ils apparaissaient vraiment au poète, celui-ci ne nous les transmet que par des équivalents trop généraux. Ces images sont du passé. Mais quel progrès se réalise déjà dans la vision de l’idée! Qu'on relise Pope exposant l’heureux mélange