IV-iv LES POÈMES LYRIQUES
Elles prolongent la perspective d’une nef de cathédrale :
Where thro’ the long-drawn isle and fretted vault. (36) 1(2) 2 0 2 2 2
Elles marchent avec la lenteur du troupeau :
The lowing herd wind slowly o’er the lea, (2) 0 2 0 2 2 2 Q 2 0 2
ou la gravité d’un cortège funèbre :
Slow thro’ the church-way path we saw him born. (114) 2 2 0 2 a (l)e a
Ces divers procédés offrent un nombre considérable de combinaisons possibles. Même lorsqu'un effet est intentionnellement répété, il ne l’est jamais sans quelque variation. Dans
How jocund did they drive their team afeld,
1 2 © i (0 2 How bow’d the woods beneath their sturdy stroke ! ,27-8) € 2 0 2 0 2
où le premier temps de chaque vers comporte un arsis allongé, on voit au second temps d’abord un ictus faible, ensuite un ictus régulier. Ailleurs la nuance sera marquée par la coupe, d’abord masculine, puis féminine :
Ev'n from the tomb | the voice of Nature cries, Ev'n in our Ashes | live their wonted Fires. (or-2)
On saisira l’intime liaison du sens, de la structure et de la métrique dans :
Can storied urn or animated bust Back to its mansion call the fleeting breath? Can Honour’s voice provoke the silent dust, Or Fiatt’ry sooth the dull cold ear of Death? (41-4)
Deux phrases de deux vers, en correspondance d'idée, avec répétition de la question par le même mot et un arsis fort à effet de spondée. Au premier vers, alternative de deux sujets exactement balancés par la coupe et se répondant nom pour nom, qualificatif pour qualificatif; au second vers la question posée avec la netteté que réclame son caractère inattendu, et attaquée par Back, qui forme à la fois un ictus avec anacrouse, et qui, par luimême, exprime le retour. Dans la seconde phrase, la tendance générale de la pensée s'étant gravée dans l’esprit, l'unique proposition est remplacée par deux propositions parallèles. L'alternative s'applique à deux faits complets, qui apportent maintenant la force persuasive de leur accumulation. Le rôle de Back, il suffit de le confier à la coupe. Si d'autre part l’arsis du troisième vers répète énergiquement la question, Gray préfère passer plus natu-
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rellement à la dernière proposition par une attaque normale LE En revanche, le quatrième vers comporte une coupe féminine avant le second accent, et son volume est augmenté par une suite de fortes : dull cold ear, dont la sourde répétition marque l’absolue insensibilité de la mort.
Cette conception esthétique de la prosodie se fonde enfin sur la qualité des sons eux-mêmes. Onomatopées et allitérations fournissent les plus évidents moyens expressifs. Combinée avec des voyelles sombres et allongées, l’allitération suggère l’accablement de la fatigue ou de la douleur :
The plowman homeward plods his weary way. (3) Now drooping, woefu/ wan, like one for/orn. (107)
Dans le second de ces vers, / joue un rôle adoucissant. Répétée à l'initiale avec le même vocalisme traînant, la même lettre exprime la mélancolie du regret :
Nor cast one /ong lingeting /ook behind. (88) Mais avec des voyelles claires mêlées de consonnes vibrantes,
l’allitération d’une gutturale retentit comme un clairon et s’oppose au son du cor, grave et répété en écho :
The cock’s shrill clarion, or the echozng hoyn. (19)
Dans How bow’d the woods beneath their study stroke, (28)
on voit d’abord les arbres se courber. La seconde partie, revenant à la cause, fait résonner deux coups de cognée sur deux voyelles différentes, mais en relation apophonique; au premier coup, séwr-, l'instrument pénètre, au second, s#yok-, il rompt. De même la charrue fend la terre, la motte résiste, puis se brise dans :
Their furrow oft the stubborn glebe has broke. (26)
Un vers tel que The boast of heraldry, the pomp of power, (33)
exprime la prétentieuse vantardise dérisoirement suivie d’un choc de ferraille, et la puissance solennelle et pesante. Au début, une musique descriptive représente auditivement l'atmosphère du soir :
And all the air a so/emn s'i//ness ho/ds, Save where the beetle wheels his droning flight, And drowsy tinklings lull the distant folds. (6-8)
Le premier vers décrit le silence; dans le second l’escarbot vole, tourne et ronfle; au troisième, le tintement des cloches est progressivement étouffé par le sommeil.
137. D'ailleurs la répétition de can eût été plus dure et fâcheuse à cause des deux 4.