IV-iv LES POÈMES LYRIQUES
du génie : « Tout ce que les hommes au pouvoir peuvent faire pour les hommes de génie est de leur laisser la liberté. Comparés à des oiseaux qui, emprisonnés dans une cage, déplorent leur servitude en accents mélancoliques, et perdent les ravissants transports et l’heureuse abondance de leur chant, qui auparavant faisait retentir les bois » 1%. Est-ce 1à l’esquisse d’une nouvelle ode? Et, comme il en méditait l'exécution, ses études celtiques lui apportèrent-elles soudain, avec la légende du massacre des bardes sous Edouard 11%, un meilleur thème pour développer son idée? C’est le Barde qu’il écrivit 191 :
Tor:
Que la Ruine t'étreigne, Roi sans pitié !
Que la Perte suive tes étendards, bien que, soulevés par l'aile pourpre de la Conquête, ils narguent l'air de leur vaine splendeur !
Heaume, ni Haubert aux mailles enlacées, 5 ni tes vertus, Tyran, ne te serviront même à épargner aux profondeurs de ton âme les terreurs nocturnes, a malédiction de la Cambrie, les pleurs de la Cambrie ! Tels étaient les accents qui sur le fier panache du premier des Edouard répandirent une farouche épouvante, 10 tandis que, descendant les pentes hérissées du Snowdon abrupt, se déroulait, à pénible allure, sa longue colonne. Le fier Gloucester reste consterné, saisi d’un muet effroi. Aux armes ! s'écria Mortimer, en abaïissant sa lance frémissante.