‹ Essai sur Thomas GrayChapitre 44 sur 446 · LL IT 285. 55. TL, I 206. SO CDLALEIEZ · texte numérisé non relu

LL IT 285. 55. TL, I 206. SO CDLALEIEZ

40 LE SOLITAIRE DE PEMBROKE I1-iv

ports avec les membres de Peterhouse tournèrent à l'hostilité, Pembroke, même avant qu'il y loge, l’accueille cordialement 5 Ses sympathies s’étendaient à d’autres collèges, à Trinity, à Saint- John's, à Emmanuel, ailleurs encore5s. Il trouva de nombreux interlocuteurs, et, parmi ceux-ci, quelques amis fidèles 5. Ii reçut de fréquentes visites. On ne dénombrera jamais tous ceux qu'il arrêtait au passage; on ne saura jamais peut-être le nom du jeune étudiant de Christ’s College « avec lequel Gray était très intime », et qui suivit son cercueil®. Il avait auprès de lui ses deux cousines, Mary Antrobus et sa jeune sœur Dorothy, mariée à Mr. Comyns, boutiquier de la ville 51. Distraire sa vie dans un agréable commerce avec un tel entourage peut paraître facile.

Le naturel l’emportait. Un manque d'harmonie fondamental séparait l'homme de son milieu. Au premier jour, le conflit éclata. I, Université lui apparut comme un lieu maudit : « C’est certainement cet endroit, aujourd’hui Cambridge, mais connu autrefois sous le nom de Babylone, que désignait le prophète par ces paroles : « Les bêtes sauvages des déserts y auront leurs repaires et leurs maisons seront remplies de fouines; les chats-huants y habiteront et les chouettes y sauteront; les lieux inaccessibles du pays et les forteresses seront autant de cavernes à toujours; là se joueront les ânes sauvages; là le martinet fera son nid, il y couvera, il y éclora, et il recueillera ses petits sous son ombre; elle sera le parvis des dragons; là même se posera l’orfraie et y trouvera son repos. » Voilà bien une jolie collection d'animaux désertiques, qui confirme en ce lieu la prophétie à un iota près »°2. Il se révolta du désordre où vivaient les étudiants, de l’indiscipline régnant parmi les fellowcommoners : « Ils sont devenus fous; ils mettent les femmes sur leur tête dans les rues en plein midi, enfoncent les portes des magasins, jouent de l’argent dans les cafés le dimanche, bref, agissent selon mon cœur »%%, Des « chambres bruyantes », des « gens sales », des « voisins ivrognes »%4, en fallait-il davantage pour l’irriter?

Il disséquait tous les ridicules; s’amusait des mesquines manœuvres des élections aux postes, des dissensions héroï-comiques des salles de réunion %5. Que de grotesques autour de lui ! I1 éprouvait une satisfaction singulière et toujours nouvelle à les flageller de ses moqueries; distinguait, en quelques types notables, le symbole de toutes les vanités, et s’acharnait sur eux.

57. Avant de résider à Pembroke, Gray y comptait des amis : Brown, Wharton, Delaval entre autres. (Cf. CH, Tableaux annexes, Il). Les registres de la bibliothèque montrent, d’autre part, qu’il y empruntait des livres.

58. Trinity : Middieton, Stonhewer; St John's : Mason (au début), Robinson ; Emmanuel : Hurd; King’s : William Cole; Trinity Hall : Nicholls; Corpus Christi : Michael Tyson, etc.

Page 1