‹ Essai sur Thomas GrayChapitre 46 sur 446 · LE S353;: 84. TL, III 61-2,, SSL TL 10247. 86: TL T · texte numérisé non relu

LE S353;: 84. TL, III 61-2,, SSL TL 10247. 86: TL T

87. Hymn to Ignorance, AB 71-2 (vers 1, 2-4) et 248, note d'introduction. 88. Leslie Stephen, Hours in a Library, 0. ©. sup. i n. 26, III, 103.

44 LE SOLITAIRE DÉ PEMBROKE 1-iv

« limitaient arrogamment tout mérite à leur cercle et regardaient avec dégoût le reste du monde »®®.

Eüût-il mieux valu fuir le milieu détesté? On invoque des raisons pécuniaires, son « amour des livres, passion dominante chez Jui »®%, Le Dr. Parr jugeait insuffisantes ces raisons, sans en pouvoir suggérer d’autres’. Johnson n'arriva-t-il pas à Londres misérable? Mais pour qui voulait ignorer que deux et deux font quatre et disait : « Si ce sont là les bénéfices de la vie, qu'on men donne les amusements »°?, Cambridge offrait au problème de l'existence une solution passive et, somme toute, acceptable.

Il y soufirit ; car il eût souffert en tout lieu. Il souffrait du tapage de ses voisins jusqu’à l’obsession et à la burlesque aventure de l'échelle de corde. Ne conspirait-on pas contre lui à Peterhouse? On lui en voulait. Il n’approuvait pas Markland, la gloire du Collège, et soutenait le libéral Middleton#. Le principal Whalley le « haïssait»; Edmund Keene aussi, et tout son groupe*4 Kpouvantable calomnie ! Une fois, pendant son absence, devant « une pleine table de monde », on a déclaré qu'il «était une sorte d’athée ». Ii a écrit pour protester. On s’est moqué de lui. Un « démon de pasteur », le Révérend Henry Etough, a colporté sa lettre : on y a découvert une faute d’orthographe*5 ! En affectant de rire de ces ignominies, comment n’en pas souffrir? En méprisant ces gens, comment ne pas les détester? En les fuyant, comment étouffer dans sa conscience le désir jaloux d’être de leur côté? Le moindre incident suffisait, du reste, à froisser ses nerfs. Un compagnon jusque-là estimé faisait-il scandale, se voyait-il expulsé honteusement du Collège? Gray en restait frémissant pendant des mois. Sa fragile quiétude était bouleversée : « Jugez de mon bonheur, et que le vôtre ne puisse connaître aucun nuage »°6. ES

Ii ne pouvait trouver, pourtant, de port mieux abrité des tempêtes. Bien plus, il s’y occupa selon son humeur; s'y employa à une tâche n’exigeant pas d’effort imposé; se consacra à une besogne poursuivie ou délaissée au gré du moment, où chaque heure, chaque minute se suffit à elle-même, et où le résultat importe peu. Dès le début, il avait trouvé son ornière : « L'emploi de mon temps ne saurait mieux s'exprimer que par des négatifs. Je joue maintenant avec Stace; nous avons fait, hier, une partie de palets ensemble »°7. Il continua à faire ses « parties de palets » avec d’autres. Dès son retour à Cambridge, en 1742, abandonnant la composition poétique, il fut repris dans l’engrenage de menus travaux : « Pour ce qui est de moi et de ma retraite, nous sommes au milieu de Diogène Laërce et de ses philosophes »°8,

89. Cf. sup., n. 46. 90. MM III 68. 01. AM xxii. O2 LEA 93. Cf. inf., III, iii, p. 258.

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