I - iv LE MILIEU
En 1760, il se déclare « extrêmement ignorant de la partie jeune de Cambridge »1%, Il ne voit que quelques intimes; se fait servir ses repas dans sa chambre, pour éviter les promiscuités du Hall. Nicholls séjourna une année entière à Cambridge avant de le rencontrer. On prétend même que lorsqu'il sortait de chez lui, les étudiants quittaient leur dîner et se précipitaient pour apercevoir le « poète de l’Elégie »140, Iord Saint Helens rapporte comment Gray lui rendit visite « accompagné du Dr. Gisborne, de Mr. Stonhewer et de Mr. Palgrave. Ils marchaient l’un derrière l’autre, en file indienne. A leur départ, tous les étudiants ôtèrent leur bonnet. Il s’en était rassemblé un nombre considérable sur le quadrangle pour voir passer Mr. Gray, qu'on ne voyait que rarement » 141, De Bonstetten, à son tour, nous trace un tableau tragique de sa tristesse : « Je lui disais quelquefois : « Voulez-vous bien me répondre? » Mais aucune parole ne sortait de sa bouche. Je racontais à Gray ma vie et mon pays, mais sa vie à lui était fermée pour moi; jamais il ne me parlait de lui. Il y avait chez Gray, entre le passé et le présent, un abîme infranchissable. Quand je voulais m'approcher, de sombres nuées venaient le couvrir » 142.
Dans son appartement, on le surprend peut-être absorbé dans la lecture #3; peut-être écrit-il à un ami, d’une main patiente et appliquée; peut-être regarde-t-il seulement passer les heures en rêvant. Dans la grande cheminée, un feu brille, auprès duquel on aime à se tenir 44 Voici le vaste sofa où l’on s'étend à l’aise 144, la commode rapportée de Stoke, le clavecin, le garde-feu en acier 145, Des estampes, des porcelaines, des livres rares répandent leurs agréments. Devant la fenêtre, des fleurs 146.
220 AT, IL r62, 140. GI, 192-3. TA LL RIITE2 0, 1063: 142. Cf. Sup., n, 35. 143. TL, II 290. T44. -DERETI-287. 145. TL, IL 66, 240; III, 281. AM Ixxvi. A0 CE SAP: 1, D: 00.