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68 LES SENTIMENTS Il-i
tant de rigueur par le chemin des rapprochements et des heurts intimes, des bouderies et des tendres ressentiments? On ne le saura sans doute jamais. En tout cas, voici une Harriet repentante et assagie, qui se dépouille pour lui de tout orgueil, qui vient lui dire le fond de son cœur et lui offrir ses douces mains pour le guérir. :
Il ne répondit pas immédiatement à l'invitation. Mais en apprenant, un mois plus tard, que Lady Cobham venait de tomber gravement malade, il se rendit à Stoke 56. I1 y donne son adresse à Mason sans commentaire ni allusion 5’. À Wharton, il explique avec soin qu’il est 1à pour veiller sur la pauvre vicomtesse « en train de mourir » 58, Son rôle auprès des deux femmes fut celui de l’homme qui conseille et qui encourage. Il passa trois semaines avec elles, les accompagna à Londres, s’occupa d’une consultation, et, sur leur désir, resta encore dix jours chez elles dans la maison de Hanover Square 5®. |
Lady Cobham mourut au mois d'avril suivant $°. À ce moment, la question du mariage fut agitée. On le pensait du moins; car Gray écrivait bientôt à Wharton : « Vous êtes surpris que Lady C. ne m'ait rien laissé? Pourquoi? En ce qui me concerne, j'ai été étonné de voir qu’elle me léguait vingt livres sterling pour acheter une bague : c’est autant qu’elle en a donné à plusieurs de ses nièces. Ie monde disait, avant sa mort, que Mrs. Speed et moi nous étions enfermés avec elle pour faire son testament et que, ensuite, nous devions nous épouser » $1, Au mois de juin, dans des circonstances obscures, il se retrouva auprès d’'Harriet, dans le voisinage de Henley ©? : « Je suis allé, pendant ces trois semaines, dans l’Oxfordshire avec Madame Speed. Mais ses affaires, comme elle dit, — moi, je dis ses chimères, — l’ont obligée à changer vingt fois d'avis dans ce laps de temps : rien d'étonnant, car elle a au moins trente mille livres, une maison en ville avec argenterie, bijoux, porcelaine et vieux japons à l'infini; de sorte qu’il serait vraiment ridicule pour elle de prendre un parti. Moi, qui ai pris le mien, je regagne Cambridge » 8. Le 12 août, Gray rentrait à Pembroke. Dix-huit mois après, Harriet épousait le baron de La Peyrière, fils du comte de Viry, ambassadeur de Sardaigne. Gray annonça ie mariage sans amertume, avec une pointe de dédain et une indifférence étudiée : « Ma vieille amie a fait ce que le monde appelle une très sotte chose... » 64
Ils passèrent encore une matinée ensemble à Londres, en 1766 : « C’est une dame prodigieusement belle, catholique, bien qu’elle ne me l'ait pas avoué expressément, et pas plus grosse qu’autrefois.
SCHPERTINTO 7: 57. TL II 100. 58 MIT AL TO 7. 59. TL, II 100. 60. TI, II 138 (1760). ODA PAIIPT 67 62. TL, IL 141. Cf, GL-146-7. 63. AL Tr43