‹ Essai sur Thomas GrayChapitre 67 sur 446 · CTI CS0: 257 CT IST, 26, CT · texte numérisé non relu

CTI CS0: 257 CT IST, 26, CT

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Ii LA € QUADRUPLE ALLIANCE » 73

À Cambridge, Ashton, qui avait sur le nouvel étudiant de Peterhouse l’avantage de deux mois d'ancienneté, lui prodigua ses prévenances. Il lui montra les tavernes; le présenta à l’association des anciens élèves d’Eton, au club des beaux-esprits de la Mitre. Gray abhorrait ces beuveries. Ashton l’agaçait. I1 préféra rester seul %, Mentalement, il vivait avec Walpole.

D'abondantes lettres allaient à Saint James’s Square, où üil lui confiait sa peine d’être séparé de lui, son impatience de le revoir °1!, Il invente mille postures pour le divertir, mille fictions pour préciser le tableau de son existence, pour lui faire partager sa vie. Tour à tour plaisant, burlesque où moqueur, il lui décrit Cambridge, la vie universitaire, les mœurs du collège, les pompeuses cérémonies, la comédie des examens #2, Ce sont de familières anecdotes; des bizarreries dans le style oriental; des tableaux où il s’imagine au fond de la tombe, recevant de Walpole une épître si comique que « tous les clous de son cercueil partent d’un éclat de rire » 55,

Au milieu de cette exubérance, on perçoit encore l'étendue d’une affection qui cherche dans des singularités de foime des subtilités sentimentales raffinées : « Je vous provoque et vous invite à vous battre avec moi au long amour, ou à la grande affection, ou à toute autre arme de votre choix » #4; « Tout ce que vous devez me dire avec votre bouche me rend si impatient que je voudrais recevoir cette bouche par le courrier, si je ne redoutais que ce fût une grande perte pour la prochaine mascarade, ou qu’une disette de jolies choses en résultât pour la capitale. J'espère que vous m'enverrez vos pensées par la poste, sans masque. Vous êtes extrêmement bon de me réserver ce régal tous les deux jours. Pendant tout ce long Noël, je n’ai vécu que de vos lettres et de quelques petits pâtés » 55. Qu'il parle anglais ou latin, qu’il imite la poésie persane ou paraphrase Shakespeare, le même besoin passionné de la présence anime ses transports. Perfidement, les réminiscences littéraires appellent les figures du lyrisme amoureux et les analogies sexuelles : « Lorsque la rosée du matin tombe sur moi, ton Image est devant mes yeux; quand la nuit m’enveloppe de son ombre, tu ne me quittes pas davantage... La chaîne du Destin m'a lié à toi... Sois pour moi ce qu'est Mahomet à Kadidja » 5; ou : « Quand ces yeux te verront, je me demande si je les croirai. Trois longs mois, c’est une longue attente pour une pauvre femme solitaire. Et j'ai attendu, attendu; et chaque jour j'ai été déçu, déçu par vous, par toi, mon Chèvrefeuille Pervers (comme dit Mrs. Quickly). Quelle somme infinie tu représentes sur le registre

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