‹ Essai sur Thomas GrayChapitre 72 sur 446 · CT I 43; 56. CT I 60. 57. Ibid · texte numérisé non relu

CT I 43; 56. CT I 60. 57. Ibid

58. CT I 170. 59. MW IV 216. Co CT 137; CTNCT F44 62. CT I 49-50. 63: CT TT:

78 LES SENTIMENTS IT-ii

En phrases maniérées, il se découvrit clairement : « De même que les gens les plus indignes doivent avoir la vanité de désirer la considération d'autrui, de même je ne dois pas m’étonner de la vanité que j'éprouve à être heureux de ce que vous m'aimiez. Aussi ne doutez pas que vous soyez au premier rang dans la loge de mon petit cœur, où vous ne risquez guère d’être bousculé » 64, Pas même par Walpole?

Autour de ce noyau se développa une amitié dont l’évolution fut lente, mais continue. Ses manifestations, espacées par les circonstances, par la réserve de l’un, par l’irrégularité de l’autre, surprennent si l’on néglige le travail intérieur et le heurt des événements.

Au début de l’année 1736, Ashton, toujours zélé, écrit régulièrement à Oxford 55. Walpole, de son côté, rencontre West à Londres 5%, Gray revient à son silence, mais n'oublie pas. À la fin de mars, il s'enquiert de West, voudrait lui écrire 7. Un mois s'écoule ; un second mois commence, Le 8 mai, il prend sa plume. Son préambule est contourné, hésitant. Au second paragraphe, il ouvre soudain son cœur : « Mon cher West, Je vous regrette plus que jamais. Ce serait pour moi le plus grand des plaisirs que de savoir ce que vous faites, ce que vous lisez, comment vous passez votre temps » 58. Renouvelant la manière de leurs relations d’Eton, il lui offre trois pages de vers, traduits de la Théhaïde ®. Une réponse chargée de littérature complimenta abondamment la version de Stace. FKlle se terminait par un « Cher Monsieur »; ne renfermait pas le moindre sentiment *. Gray se replia, laissant encore une fois à Walpole et à Ashton le soin d'entretenir les relations.

En août, West voulut se rendre à Cambridge. Ashton salua ce retour de « l'enfant prodigue » ’1, La rencontre n’eut pas lieu. Les vacances vinrent, qui marquèrent un arrêt.

Brusquement, nous apprenons qu’au mois d'octobre, entre le 20 et le 25, Gray et West ont soupé ensemble, à Londres, la veille du jour où Gray devait regagner l’Université 72. Entre le timide, réprimant au fond de lui son sentiment, et le pur esprit que les silencieux appels du cœur n’atteignent point, le contact ne put s'établir. La gêne vint planer sur leur repas; ils ne surent que se dire. Gray convertit sa meurtrissure en indifférence affectée : « West a soupé avec moi. Nous nous étions imaginé tous deux, d’abord, que nous avions beaucoup de choses à nous apprendre. Au moment critique, je m'aperçus que j'avais tout oublié. Poin-

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