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Iliii LES CONFIDENTS OI
L'espace d’une année ramena-t-il l'harmonie? $ « Oui, nous
sommes revenus ensemble... En apparence, et surtout ces derniers temps, je retrouve presque la même amabilité que jadis. Je ne regrette rien, ni ne me réjouis outre mesure; je suis satisfait » 7. La réconciliation, même « en apparence », vaut mieux que l'hostilité et la secrète amertume.
Les circonstances aidant, le contact subsista, effectif ou virtuel, jusqu'à la mort de Gray. Celui-ci venait à Londres au moins une fois l'an. La maison d’Arlington Street lui fut plus accessible que les résidences officielles de jadis. Dès 1746, passant une vingtaine de jours dans la capitale au milieu de l'été, il s’y rend le matin. L'après-midi, il accompagne Walpole au procès des pairs d’Ecosse, dans Westminster Hall tendu de draperies écarlates. Le soir, nos deux élégants se mêlent au beau monde, à Vauxhall ou dans les jardins du Ranelagh, nouvellement ouverts 8.
Gray revint au mois de novembre. Chute et Whithed, amis connus à Florence, sont là. Après la rupture, ces deux inséparables avaient conduit Gray à Venise et avaient passé avec lui les fêtes de l’Ascension *. Revenu en Angleterre, Gray avait écrit à Chute dans sa quête d’une amitié 1. Maintenant, c'était la réunion; et la réconciliation semblait plus réelle. Ils se « pavanèrent dans les endroits publics », pendant quinze jours de plaisirs, que Gray regretta aussitôt rentré dans sa « cellule » 11, Peut-être en revécut-il de semblables au mois de mai de l’année suivante !?. En 1748, l’incendie de Cornhilil l’obligea à un séjour prolongé, et il retrouva les civilités de ces joyeux compagnons pour se consoler du malheur #.
Ces fêtes cessèrent. Mais peu d'années vinrent sans que Gray ne frappât à la porte d’Arlington Street 14 Whithed mourut en 1751 4%. Pour Chute, Gray se prit d’une affection particulière, presque dévouée. Il respectait ce célibataire affiné par l'Italie. Il appréciait sa culture, son goût pour les arts, et s’occupa pour lui d’héraldique, dont il était passionné 16. En 1754, arrivé à l’âge de cinquante-trois ans, Chute hérita du domaine paternel de La Vigne, dans le Hampshire, et se fixa en Angleterre. L/été d’après, entre deux crises de goutte, Gray visita le séjour verdoyant et voyagea avec son hôte sur le rivage de la Manche 17. Il revint à La Vigne
6. Pour les diverses opinions émises à ce sujet, cf. GI, 75, TF 11, TL, I 124 n. 2, CT I xxxvii.