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43. Au moment de la publication de l'édition Bentley, par exemple. Cf. CT II 129.
44. Exemple de lettre froide, CT IL 50-3. Exemple de lettre où Gray s'efforce d’être aimable, CT II 61-4.
94 LES SENTIMENTS II-iii
mais parce que cela vous touche de si près. Je ne peux mieux vous rendre votre amabilité qu’en ne distrayant pas plus longtemps votre attention, si préoccupée de vos propres affaires. Adieu, mon cher Monsieur, etc. » 4, Où sont les ardentes sympathies d'antan?
Les seuls liens vivants sont de l'esprit. Il ne s’agit entre eux que de littérature ou d’art, de publication, de travaux en cours #f. Dès 1746, Gray se considérait plaisamment comme le parrain des écrits de Walpole, de ses Mémoires sur les dix dernières années du règne de George IT, dont il suit les progrès 47. Il lit aussi les brouillons de quelques vers. Pour les tableaux de Strawberry Hill, il rédigeait de longues notices, où les vieux antiquaires rencontraient les vieux historiens 4. Plus tard, — et ce fut le ciment des années d’éloignement, — il continua ce rôle avec diligence. Pour les Anecdotes de la Peinture, il se livra, dans les bibliothèques de Cambridge, à de longues recherches 5°. Il corrigeait la matière et la langue du manuscrit que Waïlpole lui confiait. I1 venait apporter lui-même un document rare à Arlington Street, puis attendait, impatient, la publication des premiers tomes 51, En 1763, ce furent de nouvelles enquêtes pour la Vie de Lord Herbert de Cherbury ‘?; en 1767, les préparatifs des Doutes historiques sur Richard III. Et Walpole n’envoyait pas sa copie à la presse sans avoir reçu les « papiers » de Gray 5%.
Walpole devint un peu pour Gray le confident littéraire que celui-ci avait perdu en West. Maïs Gray lui soumettait ses poèmes finis. Walpole devint surtout l'arbitre qui donnait licence pour paraître, l'intermédiaire entre le timide et dédaigneux poète et l'éditeur qui claironne 54. Walpole fit imprimer Gray pour la première fois, dans le Recueil de Dodsley. Walpole fit connaître le manuscrit de l’Elégie, en dirigea la publication l’année suivante, avec un avertissement rédigé de sa main. Walpole prépara, avec Bentley, cette « académie à lui tout seul » 55, une édition de luxe. Et quand Walpole, pour parfaire sa mise en scène de gentilhomme auteur, monta une presse dans son château, Gray étrenna la machine avec ses Odes Pindariques. C’est Walpole qui lança Gray.
Ils se satisfirent ainsi. Gray donna à Walpole la part de luimême que sa sensibilité froissée lui laissait. C'était un Gray contenu et gardant son quant-à-soi; mais un camarade de métier, un auteur partageant le même dilettantisme. Peu attentif aux épanchements, Walpole trouve en Gray devenu célèbre un ami qui l’honore et qu’il se glorifie d’avoir découvert. De sa célébrité, il
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