‹ Essai sur Thomas GrayChapitre 92 sur 446 · EL, IT 261-2: 90. TL, II · texte numérisé non relu

EL, IT 261-2: 90. TL, II

Y8 LES SENTIMENTS IT-iii

en 1763 ‘1. En 1766, Mason accompagna sa femme à Londres et Gray les rejoignit *?. Aux vacances de 1767, Gray entraîna Brown **. Ils parcoururent avec Mason les environs d’Vork, avec Wharton les environs de Durham *#; et, tandis que Brown partait ensuite pour l’Ecosse %, Wharton et Gray voulurent voir le Pays des Lacs %. L'hiver, Mason venait à Cambridge °. Au printemps, Gray retrouvait Mason à Londres *#. Gray fit un dernier voyage dans le Nord, en 1769°°, mais se refroidit un peu, au profit de plus jeunes amitiés. Il resta pourtant fidèle. Seule la mort imminente l’'empêcha de reprendre la route de Old Park en 1771 °°.

Une formation commune, des affinités morales, une pareille sensibilité artistique rapprochent ces hommes. De profondes divergences de tempérament, l'ambition de l’un, la simplicité de l’autre, l'insouciance du troisième les éloignent. C’est Gray qui tient le réseau ténu. Ils échangent autour de lui leurs amitiés et leurs nouvelles, ils se montrent leurs lettres, ils partagent leurs succès, leurs joies. C’est Gray qui, à chaque occasion, veut reformer le groupe dispersé par la vie, à Londres pour assister à un concert 11, ou pendant les vacances d’été qui illuminèrent sa tristesse. « Est-ce que vos inclinations ne commencent pas, comme les miennes, à tendre vers le Nord? »1°2 Et comme Brown hésite : « Où êtesvous? Mason m'écrit qu'il vous attend à Aston pour Pentecôte. Il a donné ordre à ses lilas et à ses roses de fleurir » 1%. De son côté, Mason se fait prier pour aller à Old Park, le docteur manquant peut-être de distinction : « Nous avons tous grand besoin de vous, et nous avons déjà renvoyé deux excursions, pensant que vous viendriez un de ces lundis. Dites-nous franchement vos projets. Mr. Brown n’a plus qu’une semaine à rester avec nous » 104.

Gray sentait leurs différences. Chacun de ces amis, du reste, occupait dans sa vie une place distincte.

Gray et Mason vécurent douze ans en compagnie, sous le signe de la poésie. Un ami commun avait d’abord montré à Gray une « monodie » intitulée Musaeus, où Chaucer, Spenser et Milton pleuraient sur la tombe de Pope 1%, Gray voulut y discerner « la promesse, du moins, de quelque chose de bon à venir » 1%. Une Ode sur une Nymphe des eaux ne tarda pas à suivre 197, et les deux poèmes furent acceptés par Dodsley dans son Recueil 5, Gray

91. TL, III 74 et sq. C’est cette année-là qu'il fit une excursion en Ecosse. Cf. CH 91-3.

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