‹ Essai sur Thomas GrayChapitre 94 sur 446 · TL:TIN x 6. 150: LI · texte numérisé non relu

TL:TIN x 6. 150: LI

131. TL I 333. Le zèle le plus généreux à défendre Mason contre les rigueuts de la critique ne saurait nous persuader que la poésie de Gray lui doive beaucoup. Que dire des points invoqués par Draper, o. c. sup. n. 60, pp. 38-9? Si Mason déclare avoir décidé Gray à adopter le titre d’Elégie pour son grand poème (MM I 162), par « forme de quatrain », on ne peut entendre que la disposition typographique des strophes (cf. CT II 104), puisque lElégie était, au moins en partie, composée avant la rencontre des deux hommes (en totalité, du reste, selon Mason lui-même; cf. TP 129-30). Quant au Barde, on verra d’après TL, I 268, 271, 272-5, 278-9, que Mason n’en eut pas communication avant Wharton et Stonhewer: que, en recevant le premier fragment, Mason n’en parle nullement comme s’il avait eu la moindre part dans la conception du poème; que, s’il présenta à Gray des observations de détail, Gray sut lui répondre (p. 335), et qu’on ne peut, en aucune façon, comparer son rôle à celui de Gray corrigeant par le menu les fautes grossières de ses chœurs de Caractacus par exemple (cf. nf. n. 138). Ceci dit, d’ailleurs, pour préciser les positions, et sans implies que Gray ait directement contribué à l'invention de Caractacus ou d’autres œuvres

e Mason.

132 0x0 LT TE 03. 133: LL/TI6 6;

Il-iii LES CONFIDENTS IOI

émotion » 134, et trouvait « sublimes », les tirades enrichies de ses propres trésors 15, puis se livrait à des « grignotements et minuties » 6, C'étaient les phrases obscures à refaire, les solécismes à biffer, les images baroques à redresser, l’endiguement du verbiage, l'élimination des mots qui lui « brisaient les dents » 137 et des vers auxquels il manquait un pied. « Ne m’accusez pas, moi, mais la langue anglaise » 1%, Mason ne comprenait pas tonjours, mais le texte final démontre sa docilité.

Peut-être aussi son calcul. Car l’obligeance de Gray était certes commode. Mason venait quelquefois avec des œuvres plus opportunes, l’ode À My. Joliffe, qui découpe des silhouettes chez White ou l'Elégie écrite dans le jardin d'un ami : « Donnez-moi vite vos corrections » #9, Ft Gray corrigeait, admiratif et flatté. « Vous êtes sur le chemin de la gloire », disait-il 14, Ils semblaient y marcher la main dans la main. Dès ce moment, la critique les associait; et la satire les assemblait dans une même parodie 141, Mason s’irritait. Gray affectait le calme, inculquait l'indifférence : « Ne suis-je pas meilleur juge? » 14 I] estimait Mason; disait ses qualités morales et son courage dans le malheur; le plaignait «tout seul à Aston » 143; confiait à Wharton sa sollicitude pour « l’un de nos bons amis » 144, I se montrait chaleureux : « Adieu, mon meilleur Mason; je suis content de penser combien je vous suis obligé, et que, tant que je vivrai, je dois rester vôtre » 145, I1 le traitait en subordonné et lui donnait des ordres 14, Il fallait que Mason réglât ses petites affaires de Cambridge; s’occupât de ses habits, de sa montre, fît suivre sa correspondance 147. Mason obéissait, comme il savait écouter patiemment.

I1 lui vint des gestes de révolte, avec malädresse, et comme par caprice : « Que j'aie tort ou raison, cette fois j'en ferai à ma guise; et n’en parlons plus » 14%, Avec une rare inconscience, il osait écrire : « Vous avez une jolie façon de tourner une ode galloise à l’ancienne; mais dans l'impromptu, vous n'êtes rien auprès de moi 1#, » Gray souriait, comme il souriait sans doute en présentant Mason « garçon de mérite, quel que soit le mérite de son œuvre » 15°; en vantant «la fierté et la ténacité sacerdotale » de ses chœurs prêts à « cracher au visage du général romain » #1; ou en annonçant à Brown la

135. Cf. TL, I 314, 315, 357-8. Le chant de Mador est visiblement inspiré du Barde.

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