‹ Essai sur Thomas GrayChapitre 99 sur 446 · DE EXENT30: 2LS SEL AMIIT r4T. ATOM LI LÉTÉ · texte numérisé non relu

DE EXENT30: 2LS SEL AMIIT r4T. ATOM LI LÉTÉ

106 LES SENTIMENTS II-iii

ture de la dame aux faux bijoux, l’histoire du canari jacobite, un bon mot sur la maladie du duc de Cumberland 22. Telles devaient être aussi leurs conversations sous les pommiers de Pembroke, ou dans le parloir, à l’heure du porto.

Unis dans leur sort, ils restèrent fermés l’un à l’autre. C’est de Brown que l’on tient ce mot sur Gray : « Il ne disait jamais sa pensée » 221,

Une extrême liberté, au contraire, caractérise les relations de Gray avec Wharton. Peut-être Wharton appartenait-il à un groupe contemporain de la « Quadruple Alliance », et dont la trace est Dérduens

La seule lettre que Gray lui envoya de Florence, un an après son départ, offre un intérêt particulier ?*#%, Wharton s’y trouve qualifié « d'ami affectionné jusqu’à la mort »; de « Cher, cher Wharton, soit un cher de plus que je n’en accorde à personne » ??4, Gray raconte son voyage, mais sous une forme peu sérieuse. Sous le titre de « Propositions pour faire imprimer par souscription, en CARACTÈRES GROS COMME ÇA, les Voyages de T. G. Gent. » ??5, il trace le plan funambulesque du plus cocasse des journaux de route. Avec une complaisance non déguisée s’y mêlent le vocabulaire le plus trivial des fonctions organiques et l'évocation malicieuse de l'acte sexuel 226, En réponse, Gray demande « une vaste lettre pleine de toutes sortes de nouvelles, d’obscénités, de politique et autres ingrédients de ce genre », et, dans un post-scriptum, envoie ses « meilleurs compliments » à une Mme Wharton, qui pourrait n'être telle que fictivement ??7.

Dès cette époque, Wharton avait le privilège de connaître un Gray qui se cachait des autres.

Cette amitié conserva la marque de son origine, l'élément nécessaire de culture. À Wharton, on peut « écrire en grec sans le choquer » et lui citer Aristote dans le texte ??8, Il a son opinion sur Thucydide et sur Plutarque ??*. Eloigné de Cambridge, il compta sur Gray pour diriger les lectures dont il occupait ses loisirs. Ils aimaient ensemble Buffon et Froissart, Macpherson et la poésie erse #*°. Gray trouvait pour Wharton ses jugements les plus originaux.

Ses études de médecine, son mariage, ses pérégrinations le détachent pourtant de la mère nourricière. Ce docteur sans perruque, qui s'inquiète de son domaine plus que de ses malades; qui, dans sa retraite rurale, lit ses livres et élève ses enfants, a trouvé l’iso-

Page 1