Tite Live, II, 52 ; IV
V. Delà vient qu’il n’est pas assez clairvoyant C’est la passion du vrai qui donne le doute, et, sans le besoin de certitude, on se contente à peu de frais. A peine a-t-il interrogé ses auteurs sur leurs sources; sa science là-dessus tient dans les six lignes que voici : « De la fondation à l’incendie, les monuments furent rares, parce qu’on écrivait peu ; ils périrent en grande partie dans l’incendie. Après ce moment, ils deviennent plus authentiques et plus nombreux; vers la deuxième guerre punique. Fabius Pictor, Cincius et les autres sont contemporains des faits qu’ils rapportent*. » Tite Live s’en tient à ce sommaire, et là-dessus commence son récit. Quels documents Fabius a-t-il consultés? de combien d’espèces? quelle foi méritaient-ils? étaient -ils sincères, complets, non altérés? Comment Fabius les a-t-il lus? était-il impartial, capable de bien juger, exercé à la critique? Sur tout cela, nulle recherche. Tite Live eût-il entrepris cet examen, lui qui n’a pas daigné ouvrir les documents originaux? Pour toute critique, il a quelques règles de bon sens et l’opinion commune. Fabius est le plus ancien; Fabius et Pison sont les plus accrédités ; donc ils sont les plus véridiques. D’après ce raisonnement, il prend l’histoire dans leurs