‹ Essai sur Tite Live (volume 4)Chapitre 75 sur 103 · Tilé Live, XLII · texte numérisé non relu

Tilé Live, XLII

les comices; la première centurie nomme consul son neveu Otacilius. Il arrête le vote et dit froidement : « Nous t'avons éprouvé, Otacilius, dans de moindres charges, et certes tuf n’as rien fait pour que nous ayons confiance en toi dans de

.plus grands emplois. Nous avions équipé pour

trois raisons la flotte que tu as commandée cette aniiée, pour que la côte d’Afrique fût dévastée, pour que les rivages de fltalie fussent en sûreté, surtout pour qüe de Carthage on ne fît point pas-

«er à Annibal des renforts, des vivres et de Fargent. Créez consul Otacilius s’il a rendu à l’État, je ne dis pas tous ces services, mais un seul.... Il n’importe à personne plus qu'à toi, Otacilius, qu’on ne mette pas sur tes épaules un fardeau

sous lequel tu succomberais. Héraut, rappelle au

' suffrage la centurie des jeunes gens dé l'Anio. » — Comme Otacilius s’écriait avec emportement t que Fabius voulait se continuer dans le consulat, et se déchaînait contre lui. le consul ordonne / aux licteurs de s’approcher, et avertit Otacilius que, n’étant pas entré dans la ville, il fait encore jporter devant lui ses haches avec ses faisceaux 4 .*>

. Fabius est si sûr de sorç désintéressement qu’il • ne craint pas de paraître ambitieux ét tyrannique, et le peuple, qui en juge comme lui, sur-le-

1 k Tito Live, XXIV, 8. *

champ le nomme consul. — Le fils de Manlius a combattu contre l’ordre de son père. Il arrive avec les dépouilles. Sans lui dire un mot, le père se détourne, fait sonner la trompette pour convoquer l’armée, et prononce à l’instant cette sentence : « Puisque, sans respect pour l’autorité consulaire et la majesté paternelle, T. Manlius, tu as, contre notre défense, hors des rangs, com-

battu un ennemi et détruit, autant qu’il était en toi, Indiscipline militaire par laquelle jusqu’à ce jour a subsisté la chose romaine; puisque tu m’as

amené à la nécessité d’oublier ou la république* ou moi-même et les miens, portons plutôt la peine de notre crime que de faire payer à la république notre faute par un si grand dommage. Nous serons un triste exemple, mais salutaire à l’avenir pour la jeunesse. Sans doute, l’âmour naturel au père et cette marque d’un courage trompé par une vaine apparence de gloire m’émeuvent pour toi. Mais puisqu’il faut par ta mort

sanctionner les ordres des consuls ou par ton

impunité les abroger pour toujours, je ne crois pas que toi-môme, si tu as dans les veines une goutte de notre sang, tu refuses de rétablir par la peine la discipline renversée par ta faute. Va,

licteur, attache-le au poteau 1 . » Ce raisonne-

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