Corneille, les Horaces
Quand il faut que l’un meure et par la main de l’autre,
C’est un raisonnement bien mauvais que le v$tre.
les discours dans tite rive. 291
A une poignée de soldats entourés par une mul-. titude d’enrçemis dans une vallée qu’enferment une forêt et des montagnes, que laisse-t-elle, sinon la mort? Ce qui importe, c’est de décider si, offrant leurs corps comme des troupeaux, ils sc laisseront égorger sans vengeance, ou si, au lieu de souffrir et d’attendre l’événement, tournant toute leur âme à l’attaque, combattant et osant tout, couverts du sang des ennemis, ils
tomberont parmi les armes et les corps amoncelés de leurs ennemis expirants 1 .» C’est Tite Liv£ qui en ce moment exhorte ses braves; il en é digne, et il fallait son grand cœur pour trouver ces généreux accents; mais Gracchus n’avait pas le loisir d’être aussi éloquent que lui 2 .
Après le danger d’être trop orateur, le plus grand inconvénient pour l’orateur est de n’avoir pas d’auditoire. Celui de Tite Live est fictif comme ses discours. Assis dans sa bibliothèque, il oublie qu’il doit être à la tribune, dans un camp, ou sur un champ de bataille. Il n’entend