TiteLive, n
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clavc ou un fils d'aiïranclii sera consul? Scnlczvous enfin sous quel mépris vous vivez? Ils vous empocheraient, s'ils pouvaient, d'avoir part à celle lumière; ils s'indignent que vous parliez, que vous respiriez, que vous ayez fi<:iure humaine.... l'eul-on inventer un plusizrand alTrunl que de séparer comme souillée une |>(uti(^ de la nation, en la tenant indigne du mariage? Qu'estce autre chose que de souffrir dans l'enceinte des mêmes murs l'exil et la déporlalinn? Pourquoi nélablissez-vous pas aussi (pi'il n'y aura point mariage entre les pauvres et les riches? Pourquoi ne défendez-vous pas qu'un pléhéien soit le voisin d'un patricien, qu'il aille par le même chemin, ({u'il s'asseye à la même table, (|u'il se tienne dans le même Forum? — Consuls, (pic celte guerre soit feinte ou véritable, le peuple est prêt à vous suivre, si, en lui rendant les mariages, vous faites de celle cité un seul Mlat, s'il a le droit de se joindre, de s'unir, de se mêler à ^ouô par des alliances privées, si l'on ouvre aux hommes actifs et courageux l'espérance et l'accès des honneurs; si on lui accorde sa part et son rang dans la chose publicpie; si, selon les droits d'une liberté égale, il lui est jtermis dans les magisti'alures annuelles de commander et (rol)éir tuur à tour. Si on s'oppose à ces demandes, déchaînez dans vos discours et multipliez les guerres : per-
PHILOSOPHIE DE L'IIISTOIRE DANS TITE LIVE. I'i9 sonne ne donnera son nom, personne ne prendra les armes, personne ne comballra pour des maîlres orgueilleux qui ne veulent avec nous ni •illiance publique par le partage des honneurs, 'ni alliance privée par le droit de mariage'. »' 'Ainsi Tite Live explique la révolte des plébéiens en plaidant leurs sentiments, et leur succès en montrant leur force. Ils Unissent par vaincre 'parce qu'ils sont l'armée, et que depuis Servius ils forment un corps. Il faut bien qu'on leur cède, sous peine de voir Rome se retirer de Rome comme il arriva pour l'établissement des tribuns, après le meurtre de Virginie, au relourdes révoltés de Capoue, au temps du dictateur Horlensius. Pressés par les Volsques, les Éques et tant d'autres, les patriciens sont forcés, pour garder leurs soldats, d'en faire des propriétaires et des citoyens.
IlL Tite Live, ayant marque les causes générales qui forment en groupes les événements particuliers, n'a pas laissé cet immense journal de sept cents années sans un lien commun. Son abrégé de l'histoire est que les mœurs, d'abord pures, se sont corrompues; il le dit au commencement de son livre, quand il conseille au lec-