Horace, Épilres liv. I, épîLresI
vîtes lorsqu'il plaide sur des vignes, au lieu d'arborés que veut la loi, il perdra son procès. A Athènes, les jeunes gens discutent sur le souverain bien et s'enchantent des poétiques discours de Platon. A Rome, ils disputent pour savoir si le fruit d'une bête louée appartient au propriétaire ou au locataire*; ils recueillent les sentences qui tombent de la bouche des jurisconsultes, ou, comme Caton, après avoir labouré, ils vont plaider pour leur client dans les petites villes voisines. Le premier Romain qui écrivit, Fabius Piclor, composa seize livres sur le droit pontifical.
On voit ce qui manque à Tite Live par ce que les autres lui ajoutent. Il devrait choisir des détails plus particuliers et plus sensibles; ses personnages ne sont ni assez vrais, ni assez visibles; ils restent dans un demi-nuage, à demi reformés et ressuscites. Certainement, quand on a lu son histoire, on cherche à donner à ses figures plus de relief et d'expression ; on va voir les statues et les médailles antiques pour approfondir son impression et animer sa connaissance; on reste frappé à la vue de ces traits roides, de ce front anguleux et bas, de cette physionomie dure et réfléchie; et l'on revoit la foule