Cicéron, des vrais liiens et des vrais Maux
obstinée, qui, le jour du marché, affluant par les rues poudreuses et étroites, serre ses niasses compactes autour des Rostres, et, de ses rudes mains, parmi les clameurs et les injures, repousse les licteurs du consul.
Tite Live marque seulement en quelques traits le caractère des peuples vaincus. On a vu pourtant qu'il a bien représenté le facile esprit et la savante rhétorique des Athéniens , la fougue bruyante et le naturel mou des Gaulois. Voici maintenant une peinture des Asiatiques. « Le député d'Antiochus, parleur emphatique, comme tous ceux que nourrissent les richesses des rois, fut entendu le premier. En termes sonores et vains, il couvrit de soldats la terre et la mer. A l'entendre, une multitude innombrable de cavalerie entrait par l'Hellespont en Europe, composée en partie de cuirassiers nommés cataphractes, en partie d'archers à cheval contre qui rien n'était en sûreté, lorsque, dans leur fuite, ils décochaient par derrière leurs flèches inévitables. A ces forces de cavalerie, quoiqu'elles eussent pu suffa^e pour écraser toutes les armées de l'Europe réunies, il ajoutait des troupes de pied de tout genre, et effrayait l'auditoire par des noms de peuples à peine connus, Dahes, Mèdes, Élyméens, Cadusiens. Quant aux forces navales, nul port de la Grèce ne pourrait les contenir : les
Sidonicns et les Tyriens formaient la droite; les Araciens et les Sidètes de Pamphylie, la gauche. Aucune nation n'avait jamais égalé celles-là, ni pour l'art, ni pour le courage sur mer. Parler de l'argent et des autres préparatifs de guerre était inutile ; ils savaient eux-mêmes que les royaumes de l'Asie avaient toujours regorgé d'or. Aussi, ce n'élait point à Annibal et à Philippe, l'un chef d'une seule cité, l'autre enfermé dans les limites de la Macédoine, que les Romains auraient affaire, mais au grand roi de toute l'Asie et d'une partie de l'Europe'. » Jamais ennemi, dit Tite Live% ne fut plus méprisé des Romains; ils voulaient l'attaquer dans son camp; et dans la bataille, pour trois cent cinquante soldats qu'ils perdirent, ils tuèrent, dit-on, cinquante mille hommes. Le roi ordonna à ses députés d'accepter toutes les conditions quelles qu'elles fussent. Leurs prières furent abjectes : « Nous ne savons, Romains, que dire nous-mêmes; nous venons plutôt vous demander par quelle peine nous pouvons expier l'erreur du roi et obtenir paix et pardon de nos vainqueurs. Votre grand cœur a toujours fait grâce aux peuples et aux rois vaincus. Avec combien plus de clémence et de magnanimité devez -vous pardonner dans celte