‹ Essai sur Tite Live (volume 5)Chapitre 78 sur 105 · Tite Live, XXXVII · texte numérisé non relu

Tite Live, XXXVII

1res, déjà distincts, se détachent mal encore du fond commun et uniforme des mœurs patriciennes. Vers la seconde guerre punique, les documents plus précis marquent les personnages d'une empreinte plus nette, et Tite Live ouvre son nouveau récit par le portrait d'Annibal*.

« En le voyant, les vieux soldats crurent qu'on leur avait rendu Amilcar jeune homme. C'était la même énergie dans la physionomie, la môme force dans le regard, la même expression de visage et les mêmes traits. Mais, en peu de temps, il fit en sorte que son père fut la moindre raison de sa faveur. Jamais esprit ne fut plus propre aux deux choses les plus opposées, obéir et commander. Aussi on n'aurait pas décidé facilement auquel des deux il était le plus cher, au général ou à l'armée. Asdrubal ne cherchait pas d'autre chef, lorsqu'il fallait pour une entreprise activité et courage; sous nul autre chef les soldats n'avaient plus de confiance et de hardiesse. Beaucoup d'audace pour braver le péril, et dans le péril même, beaucoup de prudence; nulle peine ne pouvait fatiguer son corps ni vaincre son âme. Il supportait également le froid et le chaud; pour le boire et le manger, il les mesurait, non au plaisir, mais au besoin de la nature. Sa veillo

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