‹ Essai sur Tite Live (volume 5)Chapitre 82 sur 105 · Tite Live, XXXVllI, 35. — 2. Ih., XXXVIII · texte numérisé non relu

Tite Live, XXXVllI, 35. — 2. Ih., XXXVIII

Inngucurs; entre les coups de génie sont des inlorvallcs. Ainsi Scipion laisse échapper d'Espagne Asdrubal et la grande armée qui faillit perdre Rome; et Tite Live remarque qu'après la défaite d'Annibal il resta au-dessous de lui-même. Son second consulat est d'un homme ordinaire. Selon Polybe, protégé de sa famille, il passait dans le public pour n'être ni tempérant ni appliqué aux afTaires ; il renvoya Caton, disant qu'il n'aimait pas un questeur si exact. Du moins il détendait la discipline, tour à tour indulgent et sévère; à Sucrone, ses soldats, gâtés par l'oisiveté et la mollesse, se révoltèrent; à Locres, il souffrit que Pléminius, son lieutenant, exerçât la plus détestable tyrannie. Il n'a pas l'austérité stricte, l'exactitude administrative d'un Romain, mais plutôt la négligence, le goût du beau, la magnificence d'un artiste. « On lui reprochait des mœurs qui ne convenaient pas à un général romain, encore moins à un homme de guerre. II se promenait en manteau et en sandales dans le gymnase, donnant son temps aux livres et à la palestre. Toute sa suite jouissait aussi mollement que lui des délices de Syracuse*. » De tels génies ne peuvent soulTrir l'humiliation de l'égalité ni de la contrainte des lois. Ils naissent les

Page 1