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le bougie le suivit, jusqu ’aux scribes et « aux via- . teurs des tribuns, et il ne leur resta que ms
esclaves et le héraut. L’ entraînement qu’exerce le: génie prouve sa royauté naturelle; voyez-le sa réponse à Fabius dominer ses auditeurs par
l’ardeur de sa passion, les événements par l’im-
pétuosité de ses conjeclures, partout prédire et.
. commander. Son discours est comme soulevé ne
feu, qu’Annibal quitte l'Italie, que Carthage est
emporté par le souffle de l'espérance. « Qu’ on ne : me retarde point i ici, et tout à la fois vous appren- à drez que j'ai traversé la mer, que l'Afrique est en. Fe
assiégée. Attendez de l'Afrique des nouvelles plus heureuses et plus fr équentes que vous n’en rece-. viez de l'Espagne. J'aurai, Quintus Fabius, l'ad-
versaire que tu me donnes, Annibal. M au. . 2
lieu d’être retenu par lui, je l’entraînerai avec moi. C’est dans son pays que je le forcerai à. com. battre, et le prix de Ja victoire sera Carthage, non. des forts à demi ruinés du Bruttium. Que l'Italie F5
sa vie et à sa gloire : « Il me souvient, Romains, qu’à pareil j jour « j'ai vaincu en Afrique, dans un grand combat, Annibal le Car- - : « thaginois, le plus redoutable ennemi de votre empire, et que A4 s je vous ai gagné une paix et une gloire inespérées. Ne soyons « donc pas ingrats envers les dieux; mais plutôt laissons là ce ne w « coquin, et allons de ce pas rendre grâce à Jupiter très-bon « et très-grand. » On voit ce que la magnificence du langage de FE « Tite Live ajoute à la grandeur de Scipion. Tite Live fait son 0. personnage plus calme, plus hautain, plus Romain, que le personnage réel. Est-ce un si grand tort ? Le e $
pe dévastée se repose enfin; qu'à son tour l'Afrique soit brûlée et ravagée; dressons
lieu de voir une seconde fois de nos murs les re- ; tranchements de l'ennemi. Reportons-y la ter- reur, la fuite, le ravage des champs, les défec- tions d’ alliés, et tous les fléaux de la guerre qui pendant quatorze ans ont fondu sur nous ‘. »
; Malheureusement dans Tite Live ces traits saihe sissants sont épars. Il n explique pas l’une par Fe A l'autre les diverses parties du caractère; il ne les 2 rapporle pas à une qualité dominante. Il n’ose innai sur les vices. Pare il ses ibue parfois à
| répandent une teinte uniforme sur tous les pere
monotone et brillant de Lebrun.
“Tite Live’, une si grande Daeur Fou et de
one les affaires ue Il savait également les
LES | CARAGTÈRES DANS TITE LIVE. ï) 287
le camp romain sous les portes de Carthage, au !
ke La apte et les ornements du style
Scipion est déjà Grec; Caton son ennemi est” ’ tout Romain, le dernier peut-être : « Il eut, dit
Rs manqua ni dans les affaires bles ni
Role
(CHAPITRE nm. re
affaires civiles et l'économie rurale. Le uns ont été portés aux suprèmes honneurs par la science à du droit, les autres par lé éloquence, les autres | par la gloire militaire. Son génie fut si également flexible en tous sens que vous l’auriez dit né uniquement pour ce qu’il faisait. Dans la guerre, brave soldat et célèbre par beaucoup de combats brillants ; plus tard, lorsqu'il parvint aux grands : honneurs, général accompli. En temps de paix, si vous le consultiez sur le droit, très-habilejurisconsulte; s’il fallait plaider une cause, orateur he très-éloquent. Il ne fut pas de ceux dont la Me ‘ role ést puissante pendant leur vie et qui ne laissent après eux aucun monument de leur Ra + quence. Au contraire son éloquence vit et respire | fe encore, consacrée par des écrits de tout sonres “ ea Ses discours sont nombreux, tantôt pour lui, tantôt pour d’autres, tantôt contre d’autres ; ce 6 fatigua ses ennemis non-seulement en accusant, ae ‘mais encore en se défendant. Il poursuivit un * ane nombre infini de haines, et fut poursuivi par un . cn nombre infini de haines. On déciderait difficile= ment si la noblesse s’est plus acharnée contre lui, ou s’il s’est plus déchaîné contre la noblesse. Se doute, il eut un caractère âpre, une langue | acerbe et libre à l’excès. Mais son âme fut i invin- " Re cible aux désirs, sa probité rigide, et il méprisa | faveurs et richesses. Contre les plaisirs, Le tr avail,
e » péril, il avait une âme et un cor ps de Le La vieillesse même, qui détend tout, ne put le briser. A l’âge de quatr e-vingt-six ans, appelé en jus- | ‘tice, il prononça lui-même son plaidoyer et l’écri.
vit, à quatre- -vingt-dix ans, il appela Servius nu à aide en jugement. » » Sauf quelques antithèses, ce morceau est d'une : énergie admirable, et quand Caton parle pour la loi Oppia, Tite Live retrouve le ton de l’intraitable censeur' : « Si chacun de nous, Romains, avait conservé SU: SA ue les dr que CL L autor ité L mari, nous n’au- |
ne Nous voulons disent-clles, être br llan- ”
AB Nr CHAPITRE D à de nos pères, Cinéas essaya de de par des dons ,non-seulement les hommes, mais les fem- . re mes. Aucune d'elles n’accepta; si maintenant il parcourait la ville avec ses présents, il les tr ou- a verait- debout dans les rues pour les recevoir. » à : Cette rudesse est brutale, cynique. « Quelle est. ba cette manière de courir sur la place publique, : d’assiéger les rues, d'arrêter des étrangers? Cela ; . même, ne pouviez-vous le demander chacune à votre mari? Êtes-vous plus caressantes en public a qu’en particulier, pour ceux des autres que pour … . les vôtres? Vous voulez mettre des rivales … entre vos femmes, Romains ! Celle qui le pourra achètera de son argent ; celle qui ne le pourra pas demandera à son mari. Malheureux le mari, s'il cède ets’ilne cède pas ! puisque ce qu'il n'aura pas donné, il le verra donné par un autre.» Ce discours an est virulent et acerbe; et pourtant il paraît faible - . à qui rassemble les le de Plutarque et lit les véritables écrits de Caton. Dans Tite Live, ses paroles sont des périodes; ses ht | sont pleins de force, mais tels qu'il en ferait s'il ; eût étudié sous un Grec. Ils ne ressemblent pas aux phrases courtes, brusques, perçantes, lancées et accumulées comme des coups par cetle … de main de combattant. Écoutez cette accusation 4 « 11 dit que les décemvirs n’avaient pas assez de ee soins de ses RrOAUE Il ordonne qu’on leur”
nn. arrache leurs vêtements, qu’ on les batte de ver- =. ges. Des Bruttiens frappèrent les décemvirs. : ne * Beaucoup d'hommes l’ont vu. Qui supporterait | cet outrage? qui cette tyrannie? qui cette servi- LAS te tude? Nul roi ne l’a osé faire. Faire cela à des : ‘hommes de bien et de bonne race, le trouvez-
vous bon? Où est l'alliance? Où la foi de nos dn- À cêtres? Injures signalées, coups, meurtrissures, LR
| douleurs et tortures, avec la honte et le dernier Le
: 1 opprobre, sous les yeux de leurs concitoyens et À ne
de ner ones tu as bien osé cela!»
mots traités en simples moyens comme les hom- rn .
mes : point de style, rien que des pensées et qui PR Fi
vont toutes à l’utile: Son ironie est violente ; elle
est une arme comme toutes ses qualilés; elle .
est barbare même en conseillant l'humanité. « Il +
semble, dit-il pour faire relâcher les Grecs dé. L
: portés, que nous n’ayons rien à faire qu’à diseu- 5 à
ter si quelques Grecs décrépits seront enterrés DR par leurs fossoyeurs ou par ceux d'Italie. » Son. ones
ve est cru, parfois grossier mais il ps tout ;
nerf, tant il met la pensée en relief, tant ilest
une action parlante : arrivant de Carthage, il 4 ‘
He, SATA"
ETS | CHAPITRE “ia RU TRUE
toutes Fratohees « La terre qui les produit, du n'est qu’à trois jours de Rome. » son caractèr( À est, comme son esprit, roide et terrible. Son es- D
clave Paccus, ayant acheté trois jeunes prison. | niers pour en faire commerce, et voyant que Caton À le sait, se pend d’effroi. Tout en lui est propre à
J'action, tendu vers le gain. Il n épargne ni soi, ni ne autres, et s’en NE el jen dé
accouplant en bon éleveur dl tr nt de bétail humain, à la fin avare et avide avec impudence, . disant ue homme divin estcelui qui peut prouver par ses comptes qu'il a acquis plus de bien. Ée qu’il n’en a reçu dé ses ancêtres. Il ne rougil de d # rien; toutes les parties de son âme sont égale- pa ment invulnérables à tout trait. Il se loue ouver-. tement, el voyant un citoyen qui à commis une à faute : « Pardonnez-lui, dit-il, ce n’est pas un. Caton. » Il consacre ses passions haineuses et inflexibles. Un jeune homme avait fait condamner à l'ennemi de son père mort; Caton l’embrasse : « Voilà, dit-il, les sacrifices funèbres que nous “+ : devons à nos parents. » Il se vante des minuties % et des ridicules de sa vertu, par exemple d’avoir vendu son cheval en Ar pour épargner à F4 la république les frais de transport. Un dernier L à trait rassemble tout ce qu il Y a de résolu, de Eve
: + RES 4" : ke & D A 27 À Re D \ FE # \ 1 î / ( { 1 ae ES M a + *- A | 4 1 % Ut “+
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Le ns maîtresse une de ses tes Son dl ils ME voyant passer, indigné, baissa les yeux, Caton, le. jour même demande en mariage la fille de son greffier; quand son fils voulut savoir s’il avait contre lui quelque sujet de plainte : « À Dieu ne
| plaise! mon fils, répondit Caton d’une voix forte. Mais je veux laisser à la république des citoyens tels que toi. » Vertus, défauts, magnanimité, pe-
titesses, esprit et caractère, tout en lui tend et ce à l'utilité publique et privée. Toute sa vie ha un effort, une A EUR un combat.
: “on Fénnanatt l'effet des idées grecques. es “ dant cette âme, comme celle de Caton, est enue core toute romaine. Mais Caton « aboie » contre hi la noblesse: « ce qu'il yeut de particulier et de
remarquable en n,Paut pus dit Plutar as c'est
so CHAPITRE il ne dit et ne fit jamais rien en vue de flatter 4 LR multitude. Il se concerta toujours avec les pre- ro . miers et les plus distingués d’ entre les citoyens. » » En patricien haulain et austère, il s ’abstint dès sa jeunesse de plaider pour les plébéiens, de les saluer par leur nom, de leur prendre la main dans la rue. Plutarque ajoute encore qu’il étudia : très-attentivement la science des augures, patri- ee moine des anciennes familles; il observait scrupuleusement tous les rites, rejetait les moindres … innovations, passait de longues heures en temps de de guerre dans les expiations et les sacrifices. Que Caton, homme nouveau, s’emploie à à deto : riche; Paul Émile, comme Cincinnatus et Curius, édite l'argent par orgueil de naissance. Son... nom suffit pour le mettre à sa place, et il se ré) lève en dédaignant ce que désirent les autr es. Il : donne sa fille à Tubéron, homme d’une frugalité antique, qui vit auprès de Rome avec quinze au tres chefs de la même famille sur une pete 6 campagne, leur unique bien. Lui-même, en mou- L rant, laisse à peine assez de fortune pour rem ‘À bourser la dot de sa femme. Il a toute la hauteur > L os à des Appius. Nommé par le peuple pour être pis. “à | néral en Macédoine, il lui déclare à la tribune que, choisi par besoin, il ne lui a aucune obliga tion. Ses paroles sont ici plus fortes et plus vraies ‘0 dans Plutarque que dans Tite Live. « Si vous
LES. CanauriRs DANS TITE LIVE. 245 as quelque autre plus capable de conduire cette guerre, je lui cède le commandement; sinon, ne vous mêlez pas de ce qui regarde ma . chérge, mais faites en silence ce que je jugerai bon. Si vous voulez commander à vos généraux, : vous serez dans vos expéditions plus ridicules : . encore qu auparavant. » Arrivé au Camp, il réta- : blit V'obéissance antique, enseigne aux officiers | et aux soldats ce qu'ils ont à faire; et tous con- fessent que, depuis ce discours ent ils sa- : vent ce qu'est la discipline. Son commandement est si despotique que ses soldats, vainqueurs et chargés d'argent, veulent lui refuser le triomphe.
du triomphe, il répond en souriant d’une telle lâcheté : « Cela esten son pouvoir. » L’orgueil engendre aisément la froideur et la dureté. On com- prend maintenant le calme et la magnanimité du discours dans lequel, après son triomphe et la mort de ses deux fils, il rend compte au peuple de la campagne : « Lorsque je n’eus plus rien,
ne république, je souhaitai, puisque la for (une a
0e au faite, de voir ma maison plutôt que l'État