CHAPITRE TRENTE-TROIZIEME
De /„? France & de l'Angleterre , du tems de Philippe de Valois, ^'Edouard II. &d Edouard III. Dépojition du roi Edouard II. par le parlement. Edouard III. vainqueur de la France. Examen de la loi j'alloue. De V artillerie , &c.
^'Angleterre reprit fa force fous Edouard I. vers la fin du treizième liècle. Edouard I. fuccefTeur de Henri III. fon père , fut obligé à la vérité de renoncer à la Normandie , a l'Anjou, à la Tour ine , patrimoines de fes ancêtres , mais il conferva la Guienne ; il s'empara du pays de Galles ; il fut contenir l'humeur des Anglais & les animer. Il fit fleurir leur commerce, autant qu'on le pouvoit alors. La maii'on à\Eccjfe e'tant éteinte , en 12.91 , il eut la gloire d'être choifi pour arbitre entre les prétendans. Il obligea d'abord le parlement d'Ecofie à reconnaître que la couronne de ce pays relevait de celle d'Angleterre ; enfuite il nomma pour roi Baillol , qu'il fit fon vaffal. . Edouard prit enfin pour lui ce royaume d'Ecoife , & le conquit après piufieurs batailles; mais il ne put le garder. Ce fut alors que commença cette antipatie entre les Anglais & les EcofTais , qui aujourd'hui , malgré la réunion des deux peuples , n'efr pas encor tout-à-fait éteinte.
Sous ce prince on commençait à s'appercevcir que les Anglais ne feraient pas long-tems tributaires de Rome ; on fe fervait de prétextes pour mal payer , & on éludait une autorité qu'on n'ofait attaquer de front.
Le parlement d'Angleterre prit vers l'an 1300 une nouvelle forme , telle qu'elle eft à-peu-près de nos jours. Le titre de barons & de pairs ne fur affeclé qu'à
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© 2.44 Essai sur les moeurs.
ceux qui entraient dans la chambre haute. La chambre des communes commença à régler les fubfides. Edouard I. donna du poids à la chambre des communes pour pouvoir balancer le pouvoir des barons. Ce prince aflez ferme & allez habile pour les ménager & ne les point craindre, forma cette efpèce de gouvernement qui raffemble tous les avantages de la royauté , de Fariftocratie & de la démocratie ; mais qui a auffi les inconvéniens de tous les trois , & qui ne peut fubfifter que fous un roi fage. Son fils ne le fut pas , & l'Angleterre fut déchirée.
Edouard I. mourut lorfqu'il allait conquérir l'Ecoffe , trois fois fubjuguée & trois fois foulevée. Son fils âgé de vingt-trois ans, à la tête d'une nombreufe armée, abandonna les projets du père , pour fe livrer à des plaifirs qui paraifTaient plus indignes d'un roi en Angleterre qu'ailleurs. Ses favoris irritèrent la nation , & |5 fur-tcut l'épGufe du roi , Jfabelle fille de Philippe le Bel , femme galante & impérieufe, jaloufe de fon mari qu'elle trahillait. Ce ne fut plus dans l'adminiitration publique que fureur , confufion & faibleffe. Une partie du parlement fait trancher la tête à un favori du monarque , nommé Cavejion. Les Ecoffais profitent de ces troubles. Ils battent les Anglais; & Robert Brufs , devenu roi d'EcoMe, la récablk par la faibleffe de l'Angleterre.
On ne peut fe conduire avec plus d'imprudence , & par conféquent avec plus de malheur qu'Edouard II. il foufrre que fa femme îfabelle , irritée contre lui, parle en France avec fon fils , qui fut depuis l'heureux ce le ce èbre Edouard II}.
Charles le Bel , frère d' Ifabelle \ régnait en France. Ilfuivait cette politique de tous les rois , de femer la cîiicoide chez fes yoifins ; il er.ccuragea fa feeur Ifabelle à lever l'étendard contre fen mari.
Ainfi dune, fous prétexte qu un jeune favori nommé
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