SUR LES M OS U R S
les arts fe foutenaient toujours dans les vil'es libres & commerçantes d'i< aiie. Ces arts ne demandent quà s'étendre 6c à croître ; 6c api es les grands orages ils fe tranfplanrent comme d'eux-mêmes dans les pays dévaftés qui en ont befoin. '
Philippe de Va 'ois mourut dans ces circonstances, bien éloigné de porter au tombe ;u le beau titre de Fortuné. Cependant il venait de réunir le Dauphiné à la France. Le dernier prince de ce pays , ayant perdu fes enfans , lailé des guerres qu'il avait foutenues contre la Savoie, donna le Dauphiné au roi de France en 1349 , & fe fit dominicain à P ris.
Cette province s'appellait Dauphiné , parce qu'un de fes fouverains avait mis un dauphin dans fes armoiries. Elle faifair partie du royaume d'Arles , domaine de l'empire. Le roi de France devenait par cette acquifition feuda- 5 taire de l'empereur Charles IV. Il eR certain que les £.; empereurs ont toujours réclamé leurs droits fur cette i province jufqu'à Maximilien I. Les publiciftes Allemans prétendent encer qu'elle doit être une mouvance de l'empire. Les fouverains penfent autrement. Rien n'eft plus vain que ces recherches; il vaudrait autant faire valoir les droits des empereurs fur l'Egypte, parce apx'Augujie en était le maître.
ïhilippe de Valois ajouta encor à fon domaine le Rouffillon Se la Cefdaghe , en prêtant de l'argent au roi de Majorque , de la m, ifon à'Jrragon , qui lui donna ces provinces en nantiflement ; provinces que Charles VIII. rendit depuis fans être rembeurfé. Il acquit aufli Montpellier qui efr demeuré à la France. Il eft furprenant que dans un règne fi malheureux , il ait pu acheter ces provinces , &c payer encor beaucoup pour le Dauphiné. L'impôt du fe!, qu'on appella fa loi falique, le hauflement des tailles, les infidélités fur les monnoies , le mirent en état de faire ces acquifitions. L'état fut augmenté , mais il fut appauvri ; & fi ce roi eut d'abord le nom de
Fortuné,