Chapitre XXXIIÏ
Fortuné y le peuple ne put jamais prétendre à ce titre. Mais fous Jean fon fils on regretta encor le tems de Philippe de Valois.
Ce qu'il y eu^t de plus intérefTant pour les peuples fous ce règne , fut l'appel comme d'abus que le parlement introduifit peu-à-peu , par les foins de l'avocat-général Pierre Cugn.ie.res. Le clergé s'en plaignit hautement , & le roi fe contenta de conniver à cet ufage, & de ne pas s'oppofer à un remède qui foutenait fon autorité & les loix de l'état. Cet appel comme d'abus interjeté aux parlemens du royaume, efr une plainte contre les fentences, ou injuftes , ou incompétentes que peuvent rendre les tribunaux eccléfufiïques , une dénonciation des entreprifes qui ruinent la jurifdiclion royale , une oppofition aux bulles de Rome qui peuvent être contraires aux droits -du roi & du royaume.
Ce remède, ou plutôt ce palliatif , n'était qu'une faible imitation de la fameufe loi Praemunire publiée fous Edouard III. par le parlement d'Angleterre ; loi par laquelle quiconque portait à des cours eccléfiaftiques des caufes dont la connaiifance appartenait aux tribunaux royaux , était mis en prifon. Les Anglais dans tout ce qui concerne les libertés de l'état , ont donné plus d'une fois l'exemple.
EJfai fur les mœurs. Tom, II.
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19 258 ESSAI SUR LES MŒURS. £j