Chapitre XLII. 315 £J
On ne connainak alors en Suède que la monnoie de fer & de cuivre. Il n'y avait d'argent en Dannemarck que celui qui avait paflé dans ce pays par le commerce de Lubeck en très-petite quantité.
Dans cette difette générale d'argent qu'on éprouvait en France après les croifades , le roi Philippe le Bel avait non-feulement hauffé le prix fictif & idéal des efpèces ; il en fit fabriquer de bas aloi , il y fit mêler trop d'alliage ; en un mot c'était de la fauffe monnoie ; & ies féditions qu'excita cette manœuvre , ne rendirent p3s la nation plus heureufe, Philippe de Valois avait encor été plus loin que Philippe le Bel \ il faifait jurer fur les évangiles aux officiers des mcnnoies de garder le fecret. Il leur enjoint dans fon ordonnance de tromper les marchands , de façon , dit-il, qu'ils ne s'apperçoivent pas qu1 il y ait mutation de poids. Mais comment pouvaitiî fe flatter que cette infidélité ne feroit point découverte? i§ Et quel tems que ceîui où l'on était forcé d'avoir recours l£ à de tels artifices ! quel tems où prefque tous les feigneurs de fief depuis St. Louis faifaient ce qu'on reproche à Philippe le Bel & à Philippe de Valois J Ces feigneurs vendirent en France au fouverain leur droit de battre monnoie : ils l'ont tous confervé en Allemagne ; & il en a rcfulté quelquefois de grands abus, mais non de fi univerfels ni de fi funefies.