CHAPITRE QUARANTE-TROISIEME
Du parlement de Paris juj "qu'à Charles VII.
3 I Philippe le Bel, qui fit tant de mal en altérant la bonne monnoie de St. Louis , fit beaucoup de bien en appellant aux affemblées de la nation les citoyens , ib I . qui font en effet le corps de la nation , il n'en fit pas Â
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3 1 <5 -Essai sur les mœurs.
moins en infîituant fous le nom de parlement une cour fouveraine de judicature fédentaire à Paris.
Ce qu'on a écrit fur l'origine & fur !a nature du parlement de Paris ne donne que des lumières confufes , parce que tout paffage des anciens ufages aux nouveaux, échappe à la vue. L'un veut que les chambres des enquêtes & des requêtes repréfentent précifémént les anciens conquérans de la Gaule ; l'autre prétend que le parlement n'a d'autre droit de rendre juflice , que parce que les anciens pairs étaient les juges de la nation , ck que le parlement ei\ appelle la cour des pairs.
Un peu d'attention redifiera ces idées. Il fe fit un grand changement en France fous Philippe le Bel au commencement du quatorzième fiècle ; c'eft que le grand gouvernement féodal & ariftocratique était miné peu-àpeu dans les domaines du roi de France ; c'eil que Philippe h Bel érigea prefque en même tems ce qu'on appella les parlemens de Paris , de Touloufe , de Normandie , & les grands jours de Troyes , pour rendre la juflice ; c'eft que le parlement de Paris était le plus confidérable par fon grand difrricl: , que Philippe le Bel le rendit fédentaire à Paris , & que Philippe le Long le rendit perpétuel. Il était le dépofitaire & l'interprète des loix anciennes & nouvelles , le gardien des droits de la couronne , & l'oracle de la nation , mais il ne repréfentait nullement la nation. Pour la repréfenter , il faut , ou être nommé par elle , ou en avoir le droit inhérent en fa perfonne. Les officiers de ce parlement ( excepté les pairs) étaient nommés par le roi, payés par le roi , amovibles par le roi<
Le confeil étroit du roi , les états-généraux , le parlement étaient trois chofes très-différentes. Les étatsgénéraux étaient véritablement l'ancien parlement de toute la nation , auxquels on ajouta les députés des communes. L'étroit confeil du roi était compofé des grands Èj. officiers qu'il voulait y admettre , & fur-tout des pairs du
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